dimanche 1 mars 2015

En ces temps difficiles, il n'y a que l'espérance qui puisse nous porter.

Ce que je demande, ce que je dis toujours, c’est qu’il faut avoir beaucoup d’espérance et beaucoup d’amour. »




De l’espérance, parce que dans ces temps difficiles il n’y a que l’espérance qui puisse nous porter. 
La raison, les nouvelles qui nous arrivent tous les jours, qui nous bombardent, depuis la télévision jusqu’à tous les moyens de médias, nous poussent vraiment à être pessimistes.
Il n’y a que l’espérance, parce que nous croyons, que nous avons cet amour pour le Christ, nous savons qu’Il nous aime, qu’Il aime l’Église, qu’Il aime l’humanité, qu’Il aime tout homme. Il ne peut pas nous laisser, même si nous passons par des épreuves aussi difficiles.
Tous les jours nous prions « Délivre nous du mal ». 
Je me pose la question parfois : ce mal-là, on ne sait pas où il est, mais aujourd’hui je sais qu’il est parmi nous et à côté de nous, autour de nous à Hassaké, à Kamichli, partout en Syrie et en Irak. Et je me demande justement, comment ferai-je, comment ferons-nous pour être sauvés de ce malin.
On ne le vaincra qu’en s’attachant encore plus au Seigneur, en aimant encore plus le Seigneur, et en aimant les autres, parce que c’est en aimant les autres qu’on finira par aimer le Christ, même ceux de Daech, surtout ceux de Daech. Je prie toujours pour eux.
D’ailleurs dans une oraison funèbre d’un grand de chez nous, chrétien, qui a été égorgé, j’ai dit « je ne peux pas haïr ceux qui l’ont égorgé, je prie pour eux, pour qu’ils reviennent sur la route droite, comme nous le disons en arabe, et qu’ils finissent par arriver au vrai Seigneur qui est le Christ notre Dieu. »

Source

Prier avec Monseigneur Hindo pour la région du Khabour et l'est de la Syrie

Alors que des centaines de familles chrétiennes fuient devant la menace de DAESH et se réfugient en ayant tout perdu à Hassaké, prions avec les mots que Mgr Hindo nous avait confiés en septembre dernier.
MGR-HINDO
MGR-HINDO
Ô Christ,
notre Dieu crucifié et mort parmi deux pêcheurs pour le salut des pêcheurs,
Donne nous,
qui portons ton Saint nom et qui sommes jetés sur la route du Golgotha,
bannis, maltraités, persécutés, et tués,
d’être à votre exemple un sacrifice agréable pour la rédemption de nos persécuteurs et le salut du monde,
Amen
Source Oeuvre d'Orient

Comment guérir de ce qui nous paralyse intérieurement ? Sermon sur la guérison du paralytique

Sermon sur le miracle de la guérison du paralytique. (La foule bloque la porte d’une maison où Jésus se trouve, les amis du paralysé font un trou dans le toit pour le faire descendre auprès de Jésus. Il lui dit « tes péchés sont pardonnés », cela scandalise une partie de l’assemblée car en pardonnant les péchés, il se met à l’égal de Dieu, qui seul pouvait pardonner les péchés. Il leur répond qu’après avoir fait une chose difficile (pardonner), il va en faire un facile, faire que le paralysé se remette à marcher.
Ce qui nous paralyse.
Il arrive un moment où nous n’arrivons plus à supporter les hypocrites, menteurs et calomniateurs qui s’avancent avec un habit d’agneau.
L’injustice me fatigue psychologiquement, elle fait que je deviens comme le paralysé de l’Evangile. Nous qui sommes modelés par le péché, nous sommes faibles. Il ne s’agit pas d’un péché transmis par le sang (mais d’une contagion venue du monde). Le péché qui (me) vient de la société me pousse à détester même mon père et ma mère.
Les causes du mal.
Nous sommes attaqués par les forces invisibles du mal. Aujourd’hui on dit (trop souvent) que nos problèmes sont psychologiques, on vous envoie chez le psy ou à l’hôpital Sainte Anne, mais il y a aussi l’esprit du mal qui profite de la fragilité des émotions humaines.
Le péché subi.
On a en nous un homme ancien, pourri et paralysé par le péché. Je constate que je fais le mal que je ne voudrais pas faire et que je ne fais pas le bien que je voudrais faire (Saint Paul).

Notre participation au péché.
L’homme ancien qui est en nous est séduit par le péché contre l’intelligence et la sagesse de Dieu qui se manifeste au plus haut point dans la miséricorde.
On n’a pas en nous la force de pardonner à nos persécuteurs, qu’il s’agisse de gens comme ceux de Daesh ou d’autres. Comment pouvons-nous pardonner ce qui est impardonnable, comme les décapitations par exemple ?
Par le pardon, vers la guérison.
Humainement j’ai le droit de détester celui qui me fait du mal, mais Dieu est venu parmi nous pour nous donner la force et la capacité d’aller plus loin et de pardonner.
Je peux subir la paralysie psychologique que me transmettent les autres, mais j’ai la responsabilité de laisser mon âme être paralysée elle aussi. Par le péché, je me persécute moi-même. Je n’ai donc pas à avoir peur de ceux qui ont le pouvoir de paralyser le corps, mais de ce qui peut paralyser mon âme. La guérison que Jésus apporte et anticipe la résurrection de notre âme et de notre corps.
Vers une re-naissance.
On a aussi en nous un homme nouveau re-né par la force de l’amour et de la miséricorde.
Par Jésus nous avons le pouvoir d’être enfants de Dieu. Il me fait devenir plus fort car ma vie n’est pas terminée avec mon corps. Ma vie est une âme et un corps fait pour la résurrection. Mon corps peut être torturé, mais il est comme le grain de blé qui meurt et qui va ressusciter.
Vers la vraie guérison.
Beaucoup vivent leur relation à Dieu comme une panique, dans la demande d’une guérison qui nous permette de vivre comme avant.
La guérison matérielle est le signe extérieur d’une guérison intérieure. Jésus nous donne en nous un royaume qui ne dépend pas de la mollesse de notre condition humaine.
Dieu ne guérir pas tout le monde (matériellement). Il me dit « Mon fils, le bonheur de la vie est en toi ; j’ai guéri la paralysie de ton âme ».
Par cette guérison intérieure, nous n’avons plus peur de la persécution de notre corps.
Pour recevoir cette guérison, on a besoin de beaucoup de rencontres avec Dieu.
Aujourd’hui, on voudrait guérir le paralytique loin de Jésus alors que Dieu nous donne l’Esprit Saint pour qu’il guérisse les paralysies de nos âmes, pour que nous soyions dans le dynamisme de la vie divine.

Image Site Vasari

Sermon du 8 mars 2009.
Il n'y a pas eu de guérison d'un paralytique à Capharnaüm. Ou plutôt, Le paralytique guéri dans cette maison au toit percé, c'est notre âme.
La maison où l'on ne peut rentrer tellement la foule est compacte c'est l'Eglise,
Le toit qu'il faut percer pour arriver quand même au vrai médecin ce sont les obstacles et les blocages qui obstruent notre vie spirituelle.
Jésus commence par libérer le paralytique de ses péchés, et du poids de ses manquement passés
Il le libère ensuite de la paralysie.
Cela peut être celle de ses jambes,
mais la paralysie qui touche nos âmes est plutôt celle notre volonté.
Obéissant au Christ, le paralysé prend alors son brancard et s'en retourne chez lui
Cette civière qu'il faut porter c'est notre croix.
Mais cette croix n'est pas la somme des choses désagréables et des maux que nous subissons.
Cette croix, ce sont les responsabilités que nous reçevons; de père, de professeur, de prochain d'un pauvre qui demande etc ...

Images 1 et 2 via Repro-tableaux.com.
Sermon de Saint Jean Chrysostome sur le même Evangile.

dimanche 15 février 2015

Sermon sur les Noces de Cana et la guérison de la famille

Il n’y a plus de vin, il est épuisé. Le vin est le symbole de l’unité et de la communion, le symbole du pouvoir de la vie qui vient du sang du Christ. Le sang est associé à la vie. C’est pour cela que nos frères juifs ne mangent pas les animaux étouffés car ils pensent que la vie n’en est pas tout à fait sortie s’ils n’ont pas été égorgés et vidés de leur sang. Les barbares qui font couler le sang ne savent pas que (le sang des martyrs) c’est une semence de vie.
[Donner]
Comme notre maître, nous pouvons donner notre vie avec tout notre amour pour tout le monde, y compris pour nos ennemis. On peut donner sa vie pour purifier, bouleverser, illuminer, éclairer.
[Témoigner]
Une existence poussée par l’invisible conduit les gens à dire « pourquoi fais-tu cela ». Elle ne fait pas la leçon en disant ce que sont la vie, la société, l’égalité ou la fraternité. Cette existence nourrie de l’intérieur ne définit pas. Elle ne vit pas d’elle-même mais de ce qui vient de sa source.
[De la guérison reçue]
Le changement de l’eau en vin à Cana est plus qu’un miracle, c’est un signe. Ce n’est pas un simple fait extraordinaire. C’est un miracle qui a un but. C’est une étoile qui mène à Jésus. La guérison ne suffit pas à Jésus. Il guérit et donne une mission. Il dit « Va et ne pèche plus », « Effata ! Ouvres toi » etc … Il guérit pour que nous puissions proclamer la justice, la fraternité et dire à quel point l’amour peut se réaliser.
[Du bien boîteux à la pleine existence]
Tout ce que les êtres humains qui comptent sur eux-mêmes sans Dieu arrivent à construire, c’est un bien boiteux, qui laisse des blessures. Ils ignorent que la logique de Dieu est différente de la nôtre.
La logique du maître de maison de Cana est qu’il faut donner le bon vin au début. La volonté de Dieu, sa pensée, sa sagesse est complètement différente de notre logique.
Dieu doit être le premier. Il faut avoir l’aventure divine en nous pour savoir dire « Je suis », « J’existe », « Je vis ». Notre combat à pour but d’avoir la grandeur de dire « Je suis immortel », « Je ne crains pas la mort » et comme Saint Paul dire qu’elle est un gain (qui nous fait rejoindre Jésus).
Il faut avoir la volonté (d’accepter) de souffrir pour la vérité et la justice.
[La guérison de la famille par la générosité]
Dans le miracle de Cana, Jésus veut aussi guérir la famille en y restaurant une unité et une communion parfaite entre les mariés. Il veut une famille qui fonctionne à l’exemple de la trinité.

Dans notre société au contraire, les familles sont détruites car il n’y a pas de don total de l’un à l’autre. On cherche le « droit de l’homme » en demandant à recevoir ce qu’on estime être notre dû et ce qui me concerne avant de donner ce dont l’autre a besoin. Il ne s’agit plus alors d’une égalité proportionnelle, (mais d’une générosité réciproque).
Suivre la logique du don total annoncée par Jésus, c’est au contraire vivre la guérison, la lumière, la force et l’humilité. Ce n’est pas vouloir donner une définition à sa manière de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, mais c’est renoncer à soi-même. C’est être un homme qui cherche à grandir et à fructifier et à multiplier ses talents au lieu de les garder pour soi même.
[En faisant grandir l’autre]
Dieu nous a créés pour partager le miracle de la vie qu’il me donne (en m’aimant pour moi-même). Il nous veut aimant, non pas pour écraser, mais pour reconnaître l’autre dans sa différence et l’aider à grandir dans ses qualités. La justice, la charité le pardon et la miséricorde conduisent à la justice dans la famille et en passant par cette cellule fondamentale à la justice sociale.
Seul Jésus peut transformer l’existence qui sans lui n’a pas de goût.  C’est en nous ouvrant à Jésus que nous trouvons la force de nous donner, de souffrir et de porter la croix (de l’autre), pour (le) guérir et (le) sauver.
Jésus est venu pour sauver ce qui est faible. Il peut le faire quand cette faiblesse s’ouvre à la force de Dieu.

Il nous transforme de l’intérieur pour que nous ne soyons pas des hommes de routine, pour que nous devenions des sources jaillissantes et qu’on sente la vie à l’intérieur de nous. 

samedi 14 février 2015

Entrée en Carême : Office du Pardon, lundi 17 février 2015

Paroisse syriaque catholique Saint Ephrem
Chants de l’office du pardon / entrée en Carême
Lundi 16 février 2015 à partir de 17h45.

17 rue des Carmes, 75005 Paris. M° Maubert mutualité.

Htit lokh.
J’ai pêché contre toi, qui est  miséricordieux pour les pécheurs, accepte ma prière, et remet mes manquements, Seigneur de tout, aie pitié de moi.
D'innombrables fautes et  péchés me voici souillé, et pour cela je t'implore, Seigneur de tout, aie pitié de moi.
À quelle porte viendrais-je frapper si ce n'est à ta porte, Notre Seigneur très clément,  Seigneur de tout, aie pitié de moi.
En tant que pécheresse/pécheur, je t"implore, et comme le publicain (Luc 1, 10-14) je te supplie, Seigneur de tout, aie pitié de moi.
Aie pitié de nous pêcheurs, pardonnes nos offenses et nos  manquements, Seigneur de tout, aie pitié de moi.
Amour  qui est sans colère et sans dispute, remplis nos coeurs, Seigneur de tout, aie pitié de moi.
Gloire au père, au fils ...
Notre seigneur qui es aux cieux, exauce-nous, et aie-pitié de nous, accepte notre service, Seigneur de tout, aie pitié de moi.

O houbo.
Ô Amour, comme tu es  délicieux, que soit béni le tronc de l'arbre (de ta croix), car tout lieu, où il y a une parcelle de toi, est tout entier rempli de sérénité,

Grâce à toi (l’Amour ou mieux le tronc d'arbre dont est fait la Croix) notre Seigneur est entré dans la maison d’Abraham, et grâce à  toi, les prêtres sont entrés dans le Saint des Saints,

Grâce à toi Paul peut proclamer: rien ne  me séparera (de ton Amour), ni détresses, ni chagrin, ni malheur. Soit béni (toi) qui nous l'a donné.
Paul a écrit au sujet de l’amour qu'il est sans pareil,  bienheureux celui qui aime, car il verra le Seigneur.
Grâce à l'amour Moïse a vu le Seigneur sur le sommet de la montagne.
Grâce à l'amour les martyrs l'ont vu au tribunal,
Et grâce à l'amour l'Église l'a vu en haut de la Croix, et voici qu'elle chante jour et nuit sa gloire, Hallelouyah, car par son amour il l'a sauvée.

Sept fois soixante dix fois, le Fils de Dieu nous a donné pour précepte (de pardonner),
Si c'est ton frère qui t'a  offensé, ne sois pas son ennemi, souviens-toi que, toi aussi, tu as des manquements et que comme lui, tu as besoin de pardon.
Va te réconcilier avec ton frère et sois pour lui un ami, criez pareillement tous les deux: "Gloire à toi Seigneur! Hallelouya, Pardonne-nous nos offenses."

L-Yamo d-ramayk
J'espère l'océan de tes miséricordes, (ô toi) l'Unique (engendré) de Dieu, car mes péchés se sont multipliés et mes manquements se sont accrus;
Asperge-moi d'hysope et devant les larmes de mes yeux purifie-moi,  je prie, Seigneur, pour que grâce à l'amour de ton Engendré mes ennemis ne se moquent pas de moi, et que les anges se réjouissent devant un pécheur qui se repent de son iniquité;
Qu'ils proclament: il est béni le Seigneur dont la porte est ouverte à ceux qui se repentent, Alléluya jour et nuit.

Reghygh-wo
La voix de la pécheresse était exquise, lorsque elle s'adressa au parfumeur: donne-moi de l’huile et prend cet or précieux,
Donne-moi l’huile la plus excellente pour que j'y mélange les larmes de mes yeux et j' irai oindre le Premier-né du Très-Haut;
Et elle était confiante en Dieu: cette huile qu'elle t'achète (parfumeur), c'est par elle que fautes et péchés lui seront remis,

Ayant acheté l'huile, elle vint, et notre Seigneur vit sa foi, Allélluya, et il remit ses fautes.

dimanche 8 février 2015

Cérémonies du carême et de Pâques à la paroisse Saint Ephrem des syriaques catholiques de Paris

Pour vivre les événements salvifiques du Christ, du temps du Carême et de Pâques, et recevoir les grâces et les dons de ces occasions, je vous invite aux célébrations liturgiques suivantes :
Rite du pardon : Office d'entrée en carême et de guérison.
Le lundi 16 février 2015 à 17h45, premier jour du carême, à vivre un moment de réconciliation avec Dieu, nous même et notre prochain à travers le rite du pardon, durant laquelle nous serons oints par l’huile de guérison consacrée à cette occasion.
Fête de Saint Ephrem.
Le dimanche 23 février 2015 à 11h00, nous sommes tous invités pour célébrer la fête de saint Ephrem. Après la célébration nous partageons le goûter à cette heureuse et sainte occasion.
Rameaux.
Le dimanche des Rameaux, 29 mars 2015 nous célébrerons la sainte messe avec la bénédiction des Rameaux, les chants et la procession à 11h00.
Le jeudi saint, 02 avril 2015, c’est la fête de l’institution de l’Eucharistie, fête du sacerdoce, la messe sera célébrée à 19h00 durant laquelle nous célébrerons le « Rite du lavement des pieds ».
Le vendredi saint, 03 avril 2015, nous célébrerons le « Rite des Obsèques de Notre Seigneur », ce Rite sera célébré à 19h00 (n’oubliez pas de cherchez des fleurs).
Le dimanche de la Résurrection, 05 avril 2014, fête des fêtes, la colonne vertébrale de notre mystère chrétien, fête de la victoire du Christ sur le pouvoir de la mort, la messe sera célébrée à 11h0, durant laquelle nous célébrerons le « Rite de la Paix », et la bénédiction des quatre coins de la terre.
Je vous souhaite un bon cheminement spirituel vers Pâques, vers la montagne de notre salut. Joyeuses et heureuses fêtes.

Votre dévoué en Christ
Père Elie Wardé

Lettre paroissiale d'entrée en carême.

Cher(e)s ami(e)s
Nous approchons du temps de Carême, temps de méditations, de prières, de contemplations, du jeûne et de conversion, qui débutera, chez nous orientaux, le lundi 16 février 2015 et qui sera couronné le 5 avril 2015, par la Grande Fête, la Fêtes des fêtes, le dimanche de la résurrection, la Victoire de la Vie sur la mort, de l’Espérance sur le désespoir et l’Amour sur la haine.
Pour les vrais croyants, les bons chrétiens, le carême est un moment indispensable pour le salut, un moment de grâce, de bénédiction et de joie, et pas un moment de punition qui afflige la personne dans l’abstention pour l’abstention, la souffrance pour la souffrance, etc...
Le carême, au contraire c’est l’abstention pour un but ; pour être un véritable chrétien exemplaire, c'est-à-dire un disciple du Christ, qui se conforme à la volonté de Dieu, dans la connaissance et la maturité spirituelle. Pour être dans la loyauté et la sincérité, la volonté ferme, déterminée de vivre pour la vérité et la justice, dans la reconnaissance de sa petitesse, ses fautes, ses limites et ses péchés. Le carême est fait pour être dans l'écoute de la Parole de Dieu, de la Parole de l’Évangile de Vie de lumière et de libération. Il est fait pour que cette parole puisse pénétrer en nous, et nous remplir de son mystère de la Vie Éternelle, de son miracle, de son pouvoir divin, de sa connaissance et de sa joie qui donne le bonheur de vivre.
Car l’homme chrétien, n’est pas un homme qui vit pour ce monde et tous ses biens, qui sont légitimes et justes, certes, mais il est celui qui cherche et qui vit pour le monde qui ne passe pas. Il vit pour le monde à venir, immuable, inébranlable, invincible, où triomphent la philosophie du sens de la vie, de l’amour, de la paix, de l’aventure réussie, stupéfiante et admirable.

Le chrétien attend le monde où tout se dévoile, et ne laisse pas l’homme d’être foncé et menotté par ses inquiétudes, ses soucis, ses blessures, ses peurs d’être soi-même, et de se manifester comme il est, car il a peur du jugement et des condamnations des autres, et pour cette raison il tente de donner de lui-même une image falsifiée, par ses paroles, ses actes, son comportement et sa discipline.
Oui cher(e)s ami(e)s, tous les hommes ont besoin du salut. Chacun de nous à ses problèmes, ses soucis, ses fautes et ses péchés. Ne pas les reconnaître, c’est être les perdants, et ne pas pouvoir vivre dans le mystère du salut, c'est faire que nos cœurs ne puissent pas accueillir Jésus qui a le désir ardent de demeurer en nous, pour qu’on ait la vie et la vie en abondance (Jn 10, 10). Reconnaitre ses fautes, comme le dit le dicton, est une vertu, et qui ose dire qu’il n’a pas de péché, il refuse le Christ, et comme nous le dit saint Jean, « la vérité n’est point en lui » (1 Jn 1, 8).
Ce qui est pire et un grand danger dans notre vie de chrétien, c’est de se familiariser ou de minimiser ou ne pas donner d’importance ou de ne pas avoir conscience de nos péchés. En les minimisant, on finit par les ignorer et par être inconscients de leurs effets catastrophiques et mortels pour l’âme, qui évoluent comme un cancer, sans qu’on soit au courant. Quand le jour du Seigneur arrivera, quel compte on lui rendra !
Peut être qu'on a oublié que l’amour et la miséricorde de Dieu, la passion et la mort du Christ sur la Croix, Lui l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, ont été donnés non seulement pour nous exprimer son affection et ses émotions, mais aussi pour nous pardonner et nous libérer réellement du force du mal et de nos péchés « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23, 34).


Cher(e)s ami(e)s, pour qu’on puisse connaître la gravité et le poids de nos péchés, ce que d’ailleurs tous les saints, sans exception, l’ont toujours reconnu, mais avec confiance des enfants de Dieu, il faut avoir le courage de figer nos yeux dans les yeux divins, à l’instar de Pierre et du larron droit, qui regardaient les yeux amoureux, tendre et miséricordieux du Christ souffrant et crucifié, qui leur accordait le pardon de Dieu infini et ressuscitant. Puissions nous, en ce temps de Carême, prendre conscience de nos faiblesses et nos péchés, et ne pas perdre le courage de les reconnaître et de regarder les yeux divins qui seuls ont le pouvoir de nous relever et nous rendre l’énergie et le dynamisme d’une vie nouvelle et sainte.  
Photos Baladine et Mattia Preti