vendredi 28 novembre 2014

Concert-Lecture Hymnes de Saint Ephrem sur la nativité 18 décembre

EGLISE SAINT-ÉPHREM-LE-SYRIAQUE

  VIVRE L’AVENT AVEC LES CHRÉTIENS D’ORIENT 

Hymnes sur la Nativité
de Saint-Éphrem de Nisibe

Jeudi 18 décembre 2014
20h30




Saint Ephrem “la cithare de l’Esprit-Saint”

            Pour vivre l’Avent, Saint-Éphrem-le-Syriaque vous convie à venir écouter les Hymnes sur la Nativité de saint Éphrem, dits par Eve Brennan, le jeudi 18 décembre à 20h30, lecture sous-tendue par un fil musical.
           
            Découvrir saint Éphrem, c’est se rapprocher du christianisme à ses origines, et entendre la voix d’un grand poète-théologien qui parle à une époque où l’Eglise est encore indivise.

            Traduits par le poète François Cassingena-Trévedy, o.s.b., les Hymnes sur la Nativité nous délivrent, par des raccourcis saisissants, toute la portée théologique de l’événement de Noël. A travers des images d’une grande fraîcheur, où son génie poétique entrelace les paradoxes, Éphrem superpose des modalités différentes du temps et nous fait déjà entrevoir Pâques et l’Ascension.

            Âme profondément musicienne, Éphrem nous transmet son expérience de louange et de beauté au service de la foi, et nous convie avant tout à l’émerveillement et à l’amour.


ÉGLISE SAINT-ÉPHREM-LE-SYRIAQUE
17, rue des Carmes  Paris 5è

Métro : Maubert-Mutualité

Libre participation aux frais

Réservation : 01 42 50 96 18 • ParoisseSaintEphrem

SURNOMMÉ LACITHARE DE L’ESPRIT-SAINT”, SAINT EPHREM AUJOURD’HUI


            Connaître Ephrem c’est connaître l’âme syrienne et se disposer à participer à l’âme orientale.  Ephrem de Nisibe vécut dans la Haute Mésopotamie au IVème siècle, à une époque où le christianisme syrien se développe dans un milieu sémitique assez peu hellénisé.  En contraste à l’histoire du christianisme dominant lié au prestige du monde grec et à sa façon de réfléchir ou de conduite un discours théologique, Ephrem procède d’une approche théologique radicalement différente des “définitions” dogmatiques.

            Habité par un sens très aigu de l’orthodoxie de la foi, Ephrem  suit le chemin du paradoxe et du symbole, et son génie poétique confère dynamisme et  fluidité à une vision symbolique et synthétique.  Il est le grand écrivain représentatif d’un christianisme authentiquement sémitique et asiatique, ni hellénisé, ni européanisé ; même si sa pensée rejoint sur un plan plus profond ses contemporains les grands Pères cappadociens, en particulier Grégoire de Nysse dont il semble être le plus proche.

            Ephrem renouvelle pour nous une tradition européenne plus cérébrale, et son expérience originelle de louange et de beauté au service de la foi nous convie avant tout à l’émerveillement et à l’amour.

LES HYMNES SUR LA NATIVITE

            Pour Ephrem, l’Incarnation relève du dire poétique : il désire « devenir une cithare », demeure de la Joie, source de mélodie, et sa poésie relève d’une grande fraîcheur et immédiateté.  Mais sous la splendeur des mots et la chaleur des accents, Ephrem livre une anamnèse du Mystère dans son intégralité : Noël, Pâques et Ascension. L’Enfant-Pasteur restaure l’harmonie cosmique, l’ordre de la matière et du corps est perméable à celui de la Grâce et de l’Esprit.  Ephrem a une vision du monde naturel de type sacramentel.  Le sens historique et le sens spirituel de l’Ecriture sont sujets à des modalités différentes du temps, et pourraient être comparés à la physique classique et à la physique des particules élémentaires – non exclusives l’une de l’autre.

            Dans la célébration enthousiaste de la Nuit où, dans une imagerie gracieuse et foisonnante, les anges fraternisent avec les hommes Ephrem évoque l’inhabitation de la Puissance ordonnatrice de l’univers dans le triple sein de la Création, de Marie et du Père. L’Incarnation manifeste la Philanthropie divine, et le sein de Marie est célébré comme le théâtre d’un bouleversement fondamental de l’ordre des choses.

            L’anthropologie d’Ephrem est celle des sens spirituels : ouverture de l’oreille et du coeur, transparence du regard. Déployant une profusion de symboles, il convoque auprès du Nouveau-né tous les règnes de la création, tous les éléments, les lettres et les nombres.  C’est l’émerveillement qui caractérise la rencontre de l’âme avec le Christ.

            Avec une âme profondément musicienne en son aperception des harmonies cosmiques, historiques et bibliques, Ephrem récapitule les trois étapes du temps sacral : temps de la Création, temps de l’Incarnation et temps de l’Eglise.

Traduction du syriaque : François CASSINGENA-TRÉVEDY, o.s.b.


SAINT-EPHREM LE SYRIEN

            Surnommé « la cithare de l’Esprit-Saint »  (en syriaque Kenārâ d-Rûâ), Ephrem de Nisibe vécut dans la Haute Mésopotamie au IVème siècle.  Il vit à une époque tourmentée, tant du point de vue des guerres que des controverses théologiques qui faisaient rage.  Il est obligé comme beaucoup de chrétiens de quitter sa ville natale pour s’exiler en territoire romain.

            Théologien et auteur prolifique d'hymnes (madrāšê), saint Ephrem est considéré comme l’un des plus grands poètes de langue syriaque, et ses hymnes inaugurent la pratique du chant liturgique.  "Dimanches et fêtes, évoque un compatriote, il se tenait au milieu des vierges et les accompagnait de sa harpe. Toute la ville alors se réunissait autour de lui."  Le poète syrien Jacques de Sarug, mort en 521, suggère dans un de ses poèmes que les hymnes étaient chantés par des chœurs entièrement féminins avec accompagnement de lyre.

            Ardent défenseur de la doctrine christologique  et trinitaire dans l’église syrienne d’Antioche, il fonde une école théologique de grande envergure à Nisibe. Considéré comme éminent autant par l'Église catholique romaine que par les Églises orthodoxes, le poète-théologien saint Ephrem fut reconnu comme docteur de l'Église catholique par Benoît XV en 1920.



EVE BRENNAN

            Née à Paris, de mère française et de père américain, Eve Brennan passe  dix ans à New York.  Elle y poursuit une formation de chant d’opéra à la Manhattan School of Music, et de théâtre, notamment auprès d’Ada Brown Mather, metteur en scène et professeur d’art dramatique britannique de la Royal Academy of Dramatic Art à Londres et de la Juilliard School à New York.

            Eve Brennan conçoit et interprète  plusieurs spectacles – concerts et lectures – où s’associent musique, et poésie.  Notamment au Festival d’Avignon : « Mon souci, c’est la circonférence », lecture de poèmes et lettres d’Emily Dickinson sur un choix de musiques contemporaines, et « Shakespeare Women : Love and Power », mise en scène de soliloques, monologues et sonnets évoquant les multiples facettes de l’amour et du pouvoir chez les héroïnes shakespeariennes.  A Paris, plusieurs concerts-lectures mis en espace sur la vie musicale à l’époque romantique, élaboré à partir de dépêches, critiques et écrits des personnalités musicales et littéraires de l’époque.

dimanche 16 novembre 2014

Alphabet Syriaque

Source (Encyclopédie)

Chants de la messe syriaque catholique : Btar'okh Moran

1 - B-tar'okh moran noqéšeno w-mén béth gazokh rahmé choèlno. Hatoyono dašnayo stit mén ourhokk. Havli d'awdé ba-htohé wé-'bar ménhoun, wi-hé b-tayboutokh. 
1 - A ta porte, Seigneur je frappe et de ton trésor je demande miséricorde : je suis un pécheur dévié de ta voie depuis des années. Donne-moi de confesser mes péchés, ainsi je les éviterai et je vivrai par ta grâce. 
Vidéo (Paroisse Saint Ephrem)
Fichier audio (Mgr Al Jamil)
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2 - Bathra'man nizal néqouš élo b-tar'okh hanono moran. W-manou ith lan danfisokh 'al sakhlouthan. én rahmayk lo nfisounokh malko d-malké soghdin liqoré. 
2 – A la porte de qui irions-nous frapper si non à la tienne, ô Seigneur compatissant ; et qui pourrait intercéder pour nos iniquités, si ta miséricorde n'Intercède pour nous : O roi, devant qui tous les rois se prosternent.
Vidéo (Paroisse Saint Ephrem)

Chants de la messe syriaque catholique : Bnouhrok hozénan

1 - Bnouhrok hozénan nouhro yéšou’ mlé nouhro. Datou nouhro šariro d-manhar khoul béryon. Anhar lan b-nouhrok gayo, sémhéh dabo šemayono.
1 - En ta lumière nous voyons la lumière, Jésus tout de lumière. Tu es la lumière véritable qui éclaire toute créature. Eclaire-nous Ô splendeur du Père céleste.

2 - Hasyo w-qadišo d'omar b-médyo rai nouhro. Kli ménan haché w-viché w-houcho bé snayo. W-hav lan dav-dakyouth lébo, Né'béd 'bodé d-kinoutho.
2 - Ô Pur et Saint qui habite dans les demeures de lumière, éloigne de nous les passions mauvaises et donne-nous qu'avec la pureté du coeur, nous oeuvrons pour la justice.   

Lien pour télécharger le fichier Audio (Monseigneur Al Jamil).

lundi 10 novembre 2014

Comment être un homme patriotique, un homme de foi et d’honneur ?

[Révolution par la vérité et la croix]
Jésus n’est pas un révolutionnaire politicien qui n’a pas le courage de voir la vérité. Face à la vérité, on ne peut que tomber par terre. Notre arrogance s’écroule. Quand Jésus est arrêté dans le champ des olives, il dit qui il est, et ceux qui viennent l’arrêter s’écroulent. Ils étaient devant la vérité qui se laisse massacrer et maltraiter, mais qui garde l’intelligence et la sagesse.
On ne peut pas faire cela parfaitement, mais lui, il vient pour sauver ceux qui notre nature humaine n’arrive pas à aimer, les plus violents et les plus cruels.
Jésus vient sauver les pires des pêcheurs. Heureux le péché qui nous a valu un tel sauveur ! C’est comme quand un enfant tombe malade. A cette occasion l’amour de son père devient plus visible. Le Père est toujours prêt à aimer, mais l’amour se manifeste plus par ses œuvres, quand celui qui est aimé a besoin de cet amour.
Jésus est un « révolutionnaire » et un politique au sens parfait du terme. Saint Paul nous dit de respecter les autorités politiques, si elles sont honnêtes. Ce respect nécessaire vient du fait que Dieu a vraiment donné du pouvoir à l’homme. Le pouvoir d’aimer.
Toutes les républiques parlent d’amour et proclament les mêmes valeurs. Ce sont les mêmes mots, mais si ces mots ne découlent pas d’un amour, cela conduit à l’horreur et l’hérésie. On dit « Liberté, égalité, fraternité », et on ne les voit pas. Dieu seul les fait advenir en étant « révolutionnaire ».
[Révolution d’une loi d’amour]
Les Juifs qui tentent de juger Jésus au nom de la Loi, lui demandent s’il est le Messie avant de tenter de le lapider pour Blasphème sont « cons » pauvres, mesquins et éloignés de Dieu. Les œuvres que fait le Christ, l’amour, le pardon et la réconciliation ne les intéressent pas ; ils préfèrent la lettre de la loi, alors qu’elle tue.
Ce n’est pas la loi qui fait l’amour, mais l’amour qui fait la loi. Comme le disait le Concile Vatican II, il faut sortir l’Eglise de la lettre. Il faut que l’homme soit libre … pour aimer Dieu. Il ne faut pas dire « fais le bien », mais « je suis libre de faire le bien ». Il faut savoir dire la vérité [et donc aussi la lettre de la Loi], dans l’amour et avec amour. L’humilité c’est de savoir qu’on n’arrive jamais totalement [à être] dans l’amour parfait. On peut s’en approcher en portant les croix de l’autre. Cela demande de la persévérance, mais le fait d’être chrétien est au-delà de ce qui est « sympa » et facile.
[Révolution pour la patrie]
Etre un homme de foi et d’honneur demande d’être aussi un homme patriotique et de savoir mener une « révolution » sur une longue durée.
La fête de la dédicace du Temple rappelle le long combat des Maccabées, une famille juive persécutée par les rois grecs séleucides qui ont occupé Jérusalem pendant trois siècles après les conquêtes d’Alexandre le grand.
Ces « révolutionnaires » juifs ont montré leur patriotisme en faisant grandir leurs enfants et les enfants de leurs enfants dans le patriotisme. Les Juifs ont été exterminés, persécutés, chassés, et pourtant ils sont revenus dans leur patrie. Bravo pour cette nation, quoi qu’on puisse penser par ailleurs de la politique de l’Etat d’Israël.

[Conserver une patrie faite de pierre vivantes]
Jésus vient encore pour dire bravo pour les Macchabées, car ils ont enseigné d’aimer leur territoire, leur culture et leurs traditions. Jésus est « révolutionnaire », mais qu’est-ce qu’une « révolution » doit enseigner ? Que faut-il conserver et revendiquer ?
Quand on parle des chrétiens d’Irak et de Syrie qui ont perdu leurs terres et leurs églises, on ne parle que des victimes, mais il faut se souvenir que l’essentiel du Temple, c’est nous. Nous sommes le Temple du Seigneur. Nous sommes les Pierres vivantes et il nous est demandé d’adorer Dieu en vérité. Si on n’est pas dans la vérité, nous ne sommes pas dans une église véritable. L’église exprime notre foi [par des pierres et des murs], mais l’Eglise, c’est surtout le lieu où se trouvent les chrétiens. Si les ennemis ont démoli la pierre de nos églises, ils n’ont pas démoli l’Eglise qui fait le lien entre les chrétiens et qui est le lieu où sont les chrétiens.

Les Juifs ont vu détruire les pierres de leur Temple, et ils l’ont refondé après un long temps de transmission et de désir.
Il faut savoir être un homme patriotique, un homme de fierté et d’honneur. Cela se fait quand on est dans la vérité. Pour être dans la vérité, il faut savoir dire où est notre force, notre vérité et notre identité.
Le chrétien est celui qui creuse. C’est un appel difficile et fatiguant. Son repos vient de la persévérance et de la fierté devant l’œuvre réalisée. Ce n’est pas l’immobilité de la paresse et de la « glande ». C’est le « dimanche » de Dieu qui se repose après les six jours de la création. C’est le chandelier à sept branches placé dans le Temple, dont les lampes ont brûlé pendant huit jour au lieu d’un seul pour montrer la bénédiction de Dieu lors de la dédicace du Temple.

Le chrétien est celui qui creuse [en cherchant la vérité]. Celui qui n’a pas la conscience tranquille. On peut pas se contenter de dire ce qui est facile et plaisant. Dire qu’il n’est pas nécessaire d’aller à la messe, etc. … Dieu est miséricordieux, mais il n’est ni bête, ni stupide. Nous sommes appelés à aimer, mais nous ne le faisons pas totalement. C’est pour cela qu’il faut prier pour nos défunts. Pour que ce qui manquait à leur conversion avant leur mort advienne après celle-ci. Ils ont encore la possibilité de se « convertir » après la mort, ce qui fait qu’il faut leur exprimer notre soutien. 
Images. 1 et 2

mardi 15 juillet 2014

Qu'est ce que le bon pouvoir ?

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus entend les apôtres discuter entre eux pour un poste et un pouvoir temporel en se demandant qui sera le premier parmi eux. Réfléchissons sur la pédagogie de Jésus. Face à ceux qui font le mal, le seigneur reste silencieux. Jésus veut le dialogue, il écoute, ne dit rien, puis pose une question qui réveille les consciences.
Les nations d’aujourd’hui sont en dispute pour le pouvoir, et cela les conduit vers l’acharnement, le terrorisme, le massacre et le carnage. Il faudrait demander des comptes aux pouvoirs, à ces partis politiques assoiffés de pouvoir terrestre qui courent derrière le mensonge. De nos jours, dans la lutte pour le pouvoir, on tend des pièges et on achète des postes pour empêcher ceux qui pourraient diriger justement de parvenir au pouvoir.
Ce complot contre la justice peut aussi se jouer dans notre cœur quand l’orgueil et la jalousie nous touchent en voyant ceux qui ont un pouvoir que nous n’avons pas. Ce n’est pas un péché d’être tenté par cette jalousie. C’en est un de lui donner une prise sur notre cœur. Si l’envie rentre dans notre cœur, cela rend la vie invivable et conduit à la violence, qui peut aller jusqu'au massacre.
Au désert, Satan tente Jésus en lui offrant la supériorité sur le monde, mais cette supériorité n’est pas le vrai pouvoir. Le vrai pouvoir n’est pas dans les intentions et les paroles, mais dans les actes bons.
Quel est donc le bon pouvoir ?
Comment Jésus montre t’il le pouvoir ? Avec un bébé. 

En y réfléchissant nous voyons quel est l’incroyable pouvoir de séduction d’un bébé. Dans le métro, tout le monde sourit à un petit enfant. En voir un donne du courage, de la sincérité, de l’innocence. Le petit enfant ne sait pas mentir, son sourire est pur et il bouge le cœur. C’est à ce type de pouvoir que nous sommes appelés. Le pouvoir le plus fort, c’est celui de l’humilité et de la douceur, celui de la bonne volonté et de la tendresse.
Nous avons tous un pouvoir. Nous l’avons déjà par le simple fait que nous existons et que nous sommes revêtus d’une dignité éminente, même celui qui est un clochard. L’existence elle-même est un pouvoir.
Le pouvoir par lui-même est saint. Dieu est celui qui a le pouvoir dans les cieux, sur la terre et sur les âmes. Il faut chercher le pouvoir. Ce n’est de l’orgueil de le faire que si l’on n’est pas digne de ce pouvoir, qui si l’on n’est pas à la hauteur et si on cherche son intérêt individuel.
Que font les chrétiens face aux pouvoirs injustes ?
On demande souvent aux chrétiens quel est leur pouvoir. (Staline disait, « le pape, combien de divisions armées de chars de combat et de soldats ? ». Il leur posait une question de pouvoir), quand il faudrait demander comment les chrétiens répondent aux pouvoirs qui les oppriment. Il le font par la prière, la foi, le courage, la justice et les bons exemples. Il le font aussi parfois malheureusement par le spectacle de leurs divisions.
Ceux qui massacrent et coupent les têtes ne peuvent pas mettre la main sur votre corps de gloire, qui paraîtra lors de la résurrection. Les pouvoirs extérieurs ne peuvent toucher l’âme humaine. Satan, lui peut la jeter dans la géhenne.

Ceux qui ont mené le bon combat sont au contraire dans le pouvoir d’amour de Dieu, engloutis dans le vaste cycle éternel de la présence de Dieu. 

mardi 8 juillet 2014

Jésus est venu apporter un glaive de paix

« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » Jésus n’est-il qu’un diviseur parmi tant d’autres ?
Ceux qui portent les glaives des hommes alimentent toujours la machine à massacrer et à torturer. Le péché présent en chacun de nous est une autre forme de machine à torturer nos âmes. Nous voyons facilement la torture physique, mais pas assez la torture du péché moral. Lui laisser une place conduit pourtant en direction des péchés physiques.
Jésus lui aussi annonce qu’il est venu imposer le glaive et la division, mais qu’est-ce que ce glaive ?
C’est un glaive contre un autre glaive, mais aussi une contradiction contre la contradiction et un glaive contraire au glaive ; un glaive de paix.


Ce n’est pas une violence qui répond à la violence ; c’est une parole de vérité.  C’est une épée qui plonge jusqu’aux articulation pour séparer de nous tout ce qui est pourri en nous. C’est une parole de vérité qui ne craint pas la mort. Le seigneur le prouve par son martyre et par la paix qu’il trouve dans son témoignage de vérité porté en donnant sa vie.
Jésus ne répond pas à la violence par la violence. A nous qui sommes tentés de nous révolter contre la violence, il montre l’exemple. Il montre sa compassion aux hommes malheureux et perdus que sont les terroristes de son temps.
Il ne coupe pas les ponts, mais nous apprend à nous séparer du mal tout en rendant possible un chemin de réconciliation.
Le glaive de Jésus sépare, et peut nous conduire à nous séparer de parents, de frères ou de proches qui refusent que nous agissions comme Jésus.
La séparation n’est pas forcément un chemin de haine, elle peut aussi être une étape bénéfique. Le glaive de Jésus nous apprend aussi que la séparation peut être féconde. L’enfantement sépare le bébé de sa maman, le mariage fait que l’homme quitte son père et sa mère.
La séparation peut aussi ouvrir un chemin de réconciliation.
C’est ce que montre une histoire du temps de la ségrégation raciale aux Etats Unis, quand les blancs torturaient les noirs et ne les considéraient pas comme des êtres humains. (En arabe aujourd’hui on continue a utiliser le même mot ‘Abd pour parler de l’esclave et de celui qui a la peau noire).
Une mère noire, droguée, donne naissance à l’enfant d’un voyou. Il la console un peu, mais dérange son père. Elle le cache alors dans un carton et, assommée par la drogue, l’oublie. Il manque de passer dans la benne à ordures. Conduit à l’hôpital, il est adopté par une femme médecin blanche.
La séparation d’avec son enfant conduit sa mère à changer de vie. Elle suit une cure de désintoxication, se remet à travailler, découvre où est son enfant et parvient à récupérer sa garde trois ou quatre ans après. Ce petit n’est plus habitué à sa mère biologique mais à celle qui l’a adopté et élevé pendant tout ce temps. L’enfant qui a retrouvé sa mère biologique pleure et se désespère. Sa mère trouve alors le courage de contacter la femme qui a adopté son petit pour lui demander de l’aider à faire la transition. Ces deux mères ont alors trouvé le courage de surmonter ce qui les opposait. Elles ont dépassé leur différence de race et leur opposition pour la garde de l’enfant. Celui-ci a pu alors être un pont entre les blancs et les noirs au lieu d’être seulement le jouet de leur opposition.
Le glaive de Jésus, qui nous enseignement comment refuser le mal peut nous montrer comment aller réellement vers la paix.
Si quelqu’un te fait du mal, montre lui de la tendresse et de l’amour. S’il persiste dans sa haine, laisse le, mais sans le haïr. L’Eglise est séparée de ceux qui la haïssent, mais elle leur montre aussi un chemin de paix. L’Eglise vient vers les hommes avec le glaive de l’amour et de la compassion, mais aussi avec le visage de la fermeté et de la justice. L’empire romain était pire que ce qui se fait maintenant. Il écorchait vifs les chrétiens et en faisait des torches vivantes pour éclairer le spectacle de ses massacres, offert dans ses lieux de spectacles. Aujourd’hui l’Eglise est partout, mais cela lui coûte le martyre. On a souvent peur de cela, mais l’Eglise nous demande d’aimer Jésus plus que ce monde. Elle nous le demande pour que nous puissions transmettre l’amour de Dieu dans le monde. Si notre vie n’est pas dans le Seigneur, on refuse de souffrir, de mourir, d’être torturé.
On refuse la torture physique des persécuteurs, mais aussi la machine de torture morale qui est en nous par le péché. Quand nous nous éloignons de Dieu, nous devenons nous-mêmes cette machine de torture morale.



Nous avons peur d’avance de la torture de la persécution, de la tentation et du péché, mais Jésus nous dit de ne pas nous soucier d’avance de ce que nous dirons à nos bourreaux intérieurs et extérieurs. L’Esprit Saint répondra pour nous et nous donnera sa force.