lundi 26 janvier 2015

Découvrir qui est Jésus pour « Vivre dans la vérité » et trouver le salut, malgré les offenses.

[Jésus dit à ses contradicteurs que ses œuvres témoignent pour lui].
L’identité de quelqu’un n’est pas seulement de papiers, elle est liée à sa mission, à ses responsabilité et à sa charge.
Quand on rencontre quelqu’un, on lui demande qui il est, pour être rassuré. On se demande : Que cherche-t-il ? Qu’attend-il de moi ? Que vient-il faire ici ? Dans certain cas, le nom de famille peut donner une indication, par exemple de métier. En Orient, le nom Najjar correspond est aussi le nom du métier de menuisier. Dans ce cas, et souvent pour nous, l’identité est attachée à la profession qu’on exerce.
Quand on reçoit le baptême, on reçoit un nouveau nom qui correspond à la mission du future baptisé. Ce nom est celui de saints qui forgent la personnalité de la personne.
Qui est Jésus ?
Il a reçu ou s’est donné plusieurs noms pour témoigner de lui-même.
Il n’a pas besoin que les autres lui disent qu’il est Dieu, il le sait bien lui-même. Il le dit pour que nous soyons sauvés.
De notre côté, nous recherchons des témoignages des autres sur nous-mêmes, et c’est souvent pour rassasier l’esprit de tentation qui nous empêche d’écouter la voix de Dieu.
Nous sommes tentés de définir le salut en dehors de cette voix.
Le salut que nous attendons n’est pourtant pas une solution mathématique ou une solution. Le salut, c’est une expérience. C’est un état de présence (à soi-même) à chaque moment.
Nous avons toujours peur. Le salut viendra-t-il ? Serons-nous sauvés ?
Le salut n’est pas un chose qui se prouve, mais qui se vit.
C’est quelque chose qu’on ne peut pas transmettre aux autres directement. On peut seulement leur transmettre un témoignage de joie et de lien intime et courageux avec le Christ. Sa parole peut ne pas être en nous car nous n’y croyons pas.
Le salut ne se comprend pas par la raison. La raison s’enchante et s’exalte quand on vit le salut, mais elle ne peut pas le circonscrire. Elle découvre la paix totale, l’amour et la joie de vivre.
Le salut est plus qu’un moment de soutien dans la détresse, un don où une guérison psychique. C’est un profond renouvellement spirituel. C’est la découverte que je suis important, que j’ai des talents et des pouvoirs, mais pour que Dieu soit glorifié.
Jésus n’a pas jugé être digne d’être à l’égal de Dieu. Il s’est fait petit, serviteur, il a connu la faim et la souffrance, a été torture, insulté et flagellé, mais sa gloire n’a pas été touchée et n’est pas touchée par cela.

Personne ne peut me priver de ma gloire et de ma dignité. Elle est indissolublement liée à mon corps et ce corps ressuscitera. Jésus dit qu’il n’a pas besoin de ses amis ou de ses parents. De même pour nous, des personnes arrogantes peuvent nous dévaloriser, y compris dans nos familles, mais sans nous priver de notre gloire. Ces personnes disent « tant pis pour la vérité ». Elles suivent leur intérêt et leurs émotions ou leurs sentiments. Elle se cachent la vérité.
Jésus dit au contraire qu’il est venu imposer le glaive qui peut séparer le père et le fils ou l’homme et sa femme en apportant la vérité. Jésus meurt pour avoir apporté ce témoignage de vérité, en ayant pris le risque de souffrir et de mourir.
Ce témoignage de vérité, c’est de dire « Regardez mes œuvres ».
Certains disent qu’ils défendent la vérité, mais leurs œuvres sont corrompues. Même au sein de l’Eglise, on peut rencontrer des personnes qui détruisent par leurs mensonges, mais il ne faut pas rester esclaves de ces mensonges.

Dites la vérité, et vous serez des hommes libres à l’intérieur de vous, avec la satisfaction et la gloire que Dieu nous donne. La vie est sérieuse. Soyons courageux et fermes dans la vérité, avec amour et fermeté, sans avoir peut d’affronter ceux qui sont sur le mauvais chemin. 
Image Site Vasari

dimanche 11 janvier 2015

Comment habiter notre vie ?

C’est la manière dont nous habitons (notre vie) qui donne le sens de notre liberté. Les disciples de Jean le Baptiste demandent à Jésus où il habite. Il veut habiter dans nos cœurs pour que nous fassions sa volonté, car faire sa volonté nous donne la vie.
Nous avons dans les Évangiles du jour un petit écho des événements tristes et de la menace des djihadistes et des islamistes pour le monde entier. Les disciples du temps de Jésus ont su ne pas être meilleurs. Saül a tué avant de se convertir. Celui qui s’est manifesté à lui est venu pour faire le dialogue, convertir et rendre la raison. Il a restauré la dignité de l’homme qui (devient comme) identifié à Dieu par Jésus. (Par lui, Jésus) L’homme est Dieu, et tout particulièrement ceux qui sont persécutés.
Paul, (surpris sur le chemin de Damas) demande qui s’adresse à lui, et Jésus répond qu’il est celui que Paul persécute. Il est en effet persécuté par une religion gouvernée par son histoire et ses passions.
Saül pense qu’il agit pour « défendre Dieu » ; mais Dieu n’a pas besoin de cela.
Les chrétiens témoignent quand les djihadistes utilisent la violence pour « défendre » Dieu. Saül, devenu Paul par sa conversion, témoigne que Jésus ne lui a pas dit « Je veux me venger » (du mal que tu m’as fait en persécutant mes disciples). Pour être dans la même disposition d’esprit, le chrétien doit recourir à l’Esprit Saint pour maîtriser la rage légitime qui est en lui quand il est face à la barbarie.
Les apôtres étaient, [ou gardaient en eux des réflexes] des terroristes. 
Jean le Baptiste était le premier recruteur des terroristes. Ses disciples étaient des soldats recrutés pour aller massacrer les occupants romains. Jean Baptiste emprisonné attend encore le Messie conquérant qu’attendaient les Juifs. Il a la hache à la main. Ses disciples vont vers Jésus en se demandant s’il est le Messie qui est venu pour restaurer le royaume juif sur la terre. Ils voudraient un royaume d’une seule couleur et d’une seule idéologie ; un royaume sans diversité et respect de l’autre.
Le Christ au contraire est en marche sur le chemin de Dieu. Le christianisme est la religion la plus proche de Dieu, mais il ne faut pas l’enfermer dans des limites. Dieu dit de lui-même « Je suis celui qui suis » ; je suis un Dieu d’amour, de bonté, de tendresse et de miséricorde.
Les disciples de Jean Baptiste demandent aussi à Jésus où il réside. Ils rêvent de trouver le camp d’entraînement où les troupes de Jésus pourraient préparer un djihad afin de restaurer un royaume uniquement Juif en Terre sainte. Jésus répond qu’il n’a pas de lieu de résidence établie. Il n’a pas trouvé de place à Bethléem, au point de naître dans une étable. Alors que par sa nature, il est le Dieu de l’univers, il n’avait pas où reposer la tête. Il n’habite nulle part, mais dit à ceux qui l’interrogent de venir à lui.

Jésus est toujours en déplacement pour venir changer les cœurs aveugles et endurcis. Il amène ceux qui le rencontre à voir leur endurcissement et leur cœur pétrifié. Il apporte le choc d’une lumière intense. Pour Saül, cette lumière intense le fait sortir de l’impression qu’il avait d’être un bon croyant parce qu’il appliquait la Loi à la lettre alors qu’il tuait et voulait aller à Damas pour y tuer aussi les premiers chrétiens de cette ville. En recevant une forte lumière, on est ébloui et même un peu aveuglé. La lumière de Jésus est une lumière qui guérit, mais l’arrivée de cette lumière peut être une souffrance, mais c’est une souffrance de guérison. On souffre dans ce monde comme on souffre dans les douleurs de l’enfantement.
Si Jésus n’a pas de lieu, nous par contre, nous aimons les belles habitations. En se présentant, on demande souvent « où tu habites » et on aime les beaux quartiers, au point d’oublier qu’une maison ne se limite pas aux belles pierres qui la constituent.

Un bon lieu de vie est celui où il y a une vie de famille, la communion, l’amitié, la fidélité et l’obéissance dans la vérité. La maison sans la famille est froide et déserte. C’est un tombeau pourri, même s’il est orné de marbres à l’extérieur.
La maison de Dieu est une famille trinitaire, Père, Fils et Saint Esprit. Le Temple de Dieu, c’est aussi le Christ. C’est le lieu où il va être « Dans la maison de mon père ». Jésus demande « Où est le Temple ? ». Il dit aussi qu’on n’adore pas forcément bien Dieu dans un temple de pierres merveilleuses. Le lieu où l’on peut bien adorer Dieu, c’est celui où on l’adore en esprit et en vérité. Saint Paul dit à la suite de cela que les chrétiens sont « Le Temple de l’Esprit Saint » et quand l’Esprit Saint est là, sont présents aussi le Fils et le Père.
Alors vous aussi, vous êtes l’habitat de Dieu. Jésus dit en effet que la maison de mon Père, c’est celle où l’on prie. Par la prière, nous devenons corps mystique du Christ. La prière aide aussi à former la communion des fidèles. Cela rejoint l’idée que là où deux ou trois personnes sont réunies pour prier, Dieu est présent lui aussi.
Certains se demandent pourquoi Jésus semble ne rien faire pour les déracinés, pour ceux qui ont été chassés de leurs maisons. (Il agit peut-être pour nous redonner une maison de pierre, mais) il vient surtout habiter nos cœurs. (Pour que cela soit possible), il veut que nous sachions maîtriser nos rages, tout comme Saül l’a fait en se convertissant et en cessant de persécuter les chrétiens.

Les djihadistes veulent fonder le royaume de Dieu sur cette terre. Un tel royaume de Dieu ne peut être bon que s’il annonce déjà le royaume céleste en étant fondé sur la bonté. 
Image 1  2 et 3

mardi 6 janvier 2015

Heureux ceux qui cherchent vivent et cherchent le désert où Dieu se trouve.

Nous ne sommes pas pour dire « bonne année ».
En début d’année, je me demande quel a été mon but l’an passé, ce que j’ai réalisé comme époux, comme enfant ou dans ma vie professionnelle. Je me demande quelle a été la part de paix et de vérité dans ma vie.
Il ne faut pas quitter notre curiosité anthropologique essentielle. Il faut prendre courageusement entre ses mains cette soif existentielle de vérité, de conscience et de paix pour parvenir en fin de compte à la découverte du principe de notre vie. Quand nous sommes sur le bon chemin de cette quête, nous sommes comme celui qui conduit une voiture sans peur et sans hésitation.


Nous ne sommes pas pour dire « bonne année ».
Pour l’être croyant, le futur et le passé n’existent pas, seuls sont importants les mystères de l’amour et de la conscience. Seul compte le « je suis » ; ce qui fait que nous sommes comme Dieu lui-même se définit, tournés vers l’être, la vie et l’instant présent. C’est pas la porte de la conscience que nous découvrons que nous pouvons aussi dire « Je suis ». C’est ce qui est hors du temps qui fait notre vie. Si je reste esclave du temps, ne me demande ce que va devenir mon année, s’il y aura la paix ou la guerre et je suis malheureux. En attendant ce qui va se passer, j’oublie l’instant présent, alors que c’est dans cet instant que se trouve la semence de la vie.
En regardant le passé, j’ouvre des blessures. En regardant le futur, je meurs de peur. Passé et futur sont (alors) deux monstres qui me font dire intérieurement « C’est foutu ! ».
Pour échapper à la peur du passé et du présent, il faut juste regarder quelques mètres devant soi.

Il y a devant moi l’infini et le désert. Il y a au-dedans de moi le trésor, l’amour et la providence de Dieu. Nous ne sommes pas capables d’être (pleinement) une providence entre nous, car les soins que nous pouvons nous donner les uns aux autres sont bien moins forts que la providence.
Si j’en reste à mon identité humaine ; j’ai toujours peur, j’ai toujours des lacunes et la tentation de me confier à des assurances extérieures qui me laissent toujours des inquiétudes. La peur me laisse me renfermer sur moi-même. Rien ne peut nous prémunir contre les temps de désert et d’insécurité, ni la santé, ni l’argent, ni le travail. Au-delà des efforts de l’entraide humaine, ce qui fait que « Je suis » me donne la joie et la paix de celui qui n’a plus peur et qui a conscience qu’il est éternel.

Heureux sommes-nous si nous connaissons ce néant qu’est le désert. Dans ce désert, ce vide et ce néant, nous sommes des êtres de passions et d’exigences. Dans ce néant et cette mort, Dieu est vivant et existe. Sa première création est le néant et le vide, et il ne l’a pas fait en vain mais pour que l’homme éprouve cette peur, ce sentiment que « C’est la fin » et qu’il est déboussolé. Ceux qui sont dans ces sentiments sont plus proches de Dieu dans ce désert (que dans le confort).

Notre vie est un désert où il y à Dieu. Nos multiples petites morts quotidiennes sont des changements d’état continuels. Nous sommes plongés dans le sentiment du néant et de l’obscurité comme si nous étions dans le ventre de notre maman, avant de naître à la pleine lumière de la vie éternelle. Notre « sœur la mort » dont parle Saint François d’Assise est un enfantement qui nous ouvre à la Vie. Il faut passer par le néant pour prendre conscience de la vie qui se dévoile, pour découvrir ce que peuvent être la joie, la paix et la fraternité.
En acceptant de prendre conscience du néant de la vie, nos (petites) réponses (déjà construites) se vaporisent. Ce n’est pas l’homme qui fait le bonheur, mais c’est la vie qui se révèle à nous.
L’évangile nous dit que c’est dans le désert que se trouve la paix. Il annonce que toute montagne sera abaissée par le triomphe d’une humilité aussi grande que celle de Dieu. Il a accepté d’être petit alors qu’il est tout puissant. De même nous avons une part de puissance humaine, nous pouvons tuer ; mais cette puissance doit mourir pour être enfantée. Jésus nous dit que nous n’entrerons pas, dès aujourd’hui, dans le Royaume de Dieu si nous ne sommes pas comme des enfants.


Heureux sommes-nous si nous savons mourir (de toutes les petites morts de nos vies et abandonner nos plans, nos sécurités, les blessures du passé et la peur de l’avenir). Savoir « mourir » est important, car la mort et la vie ne se séparent jamais dans la vie terrestre. [Mors et vita conflixere mirando]
Pour vivre vraiment, il faut mourir en aimant et en consacrant tous nos talents à nos frères. Si tu as deux vêtements, deux talents, il te faut accepter de « mourir » en les donnant.
Il ne faut pas avoir peur de continuer son exode à l’intérieur de la vie humaine. Les israélites dans le désert ont reçu la providence de Dieu, au milieu de l’épreuve, de l’incertitude et de la mort. Dieu leur a donné la nourriture qui vient du ciel et de l’amour. Ils ont rencontré ce rocher qui donne l’eau vive et qui n’est autre que Jésus, avec eux dans le désert comme le dit Saint Paul dans l’épître de ce jour.
Les israélites qui ont eu peur dans le désert, qui ont abandonné la foi dans la providence et qui voulu retourner à l’esclavage en Égypte sont morts. Ceux de nos frères qui sont dans le désert et regardent d’abord leur santé physique et psychologique ne sont pas libérés.

Si vous êtes dans le désert, vous êtes dans un chemin où il faut regarder le Seigneur. Heureux êtes-vous si vous êtes dans le désert.
Cherchez le désert et la voix de Dieu qui n’est jamais dans les assurances extérieures, mais se trouve dans le néant … ouvert à la providence et à la Vie que Dieu veut nous donner. 


Image Marie Madeleine pénitente par Georges de la Tour

lundi 29 décembre 2014

Recouvrement de Jésus au temple, comment écouter la voix du seigneur

(Résumé des idées principales, réalisé de mémoire, sans garder une trace précise des mots du sermon).
La Vierge Marie a suivi son idée, sans comprendre où Jésus pouvait bien se cacher quand il restait au Temple, dans la « maison de son Père ». Avec Joseph, elle a cherché Jésus pendant trois jours après s’être aperçue qu’il n’était pas avec eux dans la caravane s’en retournant depuis Jérusalem vers Nazareth. Pendant un temps, ils n’ont pas eu l’idée qu’il pouvait être dans le Temple, mais ont suivi leur idée de l’endroit où il se trouvait. En le retrouvant elle lui dit qu’ils l’ont cherché et se sont inquiétés et le jeune Jésus répond qu’il devait être dans la maison de son Père.
Marie est Sainte et Immaculée, mais reste dans la condition humaine, marquée par la souffrance, la liberté et la quête incertaine de la volonté de Dieu.
Bien plus souvent encore que la Vierge Marie, nous sommes tentés de suivre notre idée et notre logique plutôt que d’écouter celle de Dieu. Il faut au contraire « lâcher prise », nous mettre à l’écoute et ne pas nous accrocher à toute force aux schémas et aux projets que nous avons construits. Bien souvent nous ne sommes pas assez attentifs à ce qui nous entoure et trop remplis de nos propres idées. Il faut avoir pris le temps de se remplir de Dieu pour bien pouvoir l’écouter et donner ce que nous avons reçu.
L’incertitude qui accompagne cette déprise de la tentation de construire notre vie uniquement sur des plans et une action volontariste fait partie de l’aventure et de la merveilleuse nouveauté que Dieu introduit dans nos vies ravagées par les blessures du passé.
Il ne s’agit pas de renoncer à toute forme de projet pour se laisser aller à suivre les événements, mais d’avoir le cœur à l’écoute, pour sentir les signes et écouter les signes de la volonté de Dieu, tout particulièrement dans les angles et les tournants de notre vie.
En Orient on dit bien souvent « Inch Allah », mais il faudrait plutôt dire « Inch » à l’homme. Nos vies dépendent en effet souvent bien plus de la nuque raide des personnes qui n’écoutent pas assez la voix du Seigneur que de l’action souveraine de Dieu.

Il nous faut donc prier pour être de plus en plus à l’écoute de la voix du seigneur, et de plus en plus libre intérieurement pour la suivre vers la plénitude que Dieu nous donne, y compris dans les moments d’incertitude et d’épreuve. 

jeudi 25 décembre 2014

Dans la nuit de Noël, naissance d’un Dieu de tendresse et de sagesse, en temps de persécutions.

Il faut savoir qui est Dieu. Dieu c’est la transcendance. C’est le Dieu de la création du ciel et de la terre, le Dieu des forces et des puissances. Quand on entend le tonnerre, on se dit que ce Dieu là nous fait peur.
Dans l’antiquité, les peuples avaient divinisé les éléments de la nature. On en a gardé l’idée que si on a fait du mal, Dieu va nous taper. On y trouve aussi l’idée de l’esclavage.
(Sous cette domination,) l’homme qui a besoin d’amour, de tendresse, de compréhension est limité. Il ne sait pas pourquoi il est là. Il cherche l’éternité et affronte l’inconnu de la mort. La philosophie ne donne pas de solution à ce mystère de la mort. Beaucoup de gens disent que c’est mieux de ne pas penser à la mort. Ils disent que notre vie n’est que sur la terre.
(Avec la nativité) Ce Dieu tout puissant s’est fait homme. Il montre qu’il a besoin de moi, la créature. Il accepte que son sort soit entre mes mains. La création est un mystère, mais il est un mystère encore plus grand : je suis plus fort que Lui. Dieu nous dit « Je veux te montrer à quel point je suis le Dieu de la tendresse et de la fragilité ».
En naissant parmi nous, Dieu a accepté de recevoir sur lui tout le malheur du monde. Il subit nos hypocrisies, nos crimes et nos malheurs. Il les accepte pour montrer sa solidarité avec ces hommes qui sont tellement éloignés du bonheur de la vie.

Les hommes se focalisent en effet sur les bonheurs extérieurs. On admire les décorations de noël, mais sans se demander ce qu’elles changent pour nous.  Jésus vient pour nous écouter. Même celui qui pense être « bien » a besoin d’être sauvé. Il a besoin d’être sauvé de l’ignorance sur ce que sont la vie et Dieu.
Nous disons à Dieu : « J’ai besoin de sécurité, d’assurance, de travail ». Il est venu pour nous donner encore plus, pour libérer ma vie et ma nature. Il est venu pour nous montrer la vie dans sa plénitude. Pour nous donner la vie en abondance, même au milieu des souffrance ou de la persécution. Elle est pleinement donnée aux véritables chrétiens, quelle que soit leur pauvreté. Dieu ne craint pas de souffrir le terrorisme, l’infidélité, les blessures et les flèches.
La vie avec Dieu est une merveilleuse aventure, elle est inespérée. Jésus nous dit « Guéris toi ! Ressuscite, portes ta croix, la souffrance et la faiblesse face à ce que tu subis des autres. » (Pour en sortir, nous cherchons) les sentiments extérieurs. Nous nous trompons en pensant que nous recevons la joie de l’extérieur. Dieu nous dit « Tu as le bonheur ». C’est la vérité en nous qui nous donne la fermeté, la stabilité et c’est cela qui change le monde.
Ce Jésus-là, c’est un message pour tous les persécutés, en Syrie, en Irak et ailleurs, pour tous les blessés, les torturés, les négligés, les insultés, les rejetés de leurs territoires. Ceux qui sont chassés, oubliés et rejetés ne s’écroulent pas et n’abandonnent pas peuvent aussi être dans un grand bonheur, par un merveilleux paradoxe.
Ils sont comme les bergers du soir de Noël. Ceux-ci étaient Juifs, mais rejetés du Temple, considérés comme impurs, incapables de témoigner dans des procès et insultés. Jésus est venu d’abord pour eux, et pour toutes les personnes qui n’ont plus le courage. Il est venu pour ceux qu’on regarde comme des voyous, parfois à juste titre. Il est venu pour ceux qu’on regarde aujourd’hui comme on regardait alors les bergers, comme par exemple les musulmans de notre époque.
Face aux rejets et aux persécutions, certains disent qu’il faut venir avec des armes, mais votre salut, c’est un petit enfant. C’est la douceur, le pardon, mais aussi la fermeté dans la justice. Dire cela, c’est très dur à entendre pour un irakien ou un syrien. Je sais quelle haine peut naître chez ceux qui ont tout perdu. Seule la religion chrétienne répond au mal par un Dieu qui s’est manifesté comme un amour absolu qui ne recule pas devant la vérité et agit avec sagesse et prudence.
Pour que nos fêtes ne soient pas des fêtes et des joies extérieures, suivies de moments où nous n’avons pas le moral, il faut s’appuyer sur Dieu. Il faut s’appuyer sur un Dieu qui est famille. Jésus nous dit vous êtes mes enfants. Dieu a un enfant. Il nous transmet le message d’une famille unie par l’amour de Dieu et qui protège l’enfant. 

Cette longue liste des criminels ancêtres de Jésus, c’est pour notre guérison

Certains évangiles sont les plus merveilleux et nous touchent au plus profond de nous.
Dieu nous comble, quelles que soient nos joies et nos tristesses extérieures. Jésus est fait pour nous donner le chemin du salut. La beauté de Noël, c’est l’apparition de la lumière aux bergers, alors qu’ils étaient dans la tristesse. Dieu écoute, c’est le (sens) du nom de Samuel dans la Bible, et c’est aussi le prénom d’un nouvel enfant de paroissiens, né pour le royaume.






L’Evangile du jour nous donne les noms des ancêtres de Jésus. Avec un peu de culture araméenne, si nous lisons cette liste, nous pouvons découvrir la signification des noms de ses ancêtres. Chaque nom révèle une des qualités de Dieu et nous pouvons alors savourer ses merveilles, on y voit qu’il dit qui nous dit qui il est.
En Orient, le nom oriente la mission et la charte qui définissent la personne.
Jésus, c’est « Le sauveur », cela dit sa mission.
Samuel, c’est « Dieu écoute » ; ce qui nous rappelle que chaque personne est là pour intercéder.
Elie nous rappelle le « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; ce que nous percevons souvent avec nos yeux humains.

Dans la vie, on dit « Dieu, viens me relever, me sauver de tout ce que les orgueilleux m’ont fait. Les prétentieux m’ont écrasé, les dominateurs m’ont broyé ». Il y a de gens qui n’ont plus le goût de la vie. Tout est noir pour eux. Ils sont dans l’obscurité et les ténèbres et ne peuvent pas en sortir. Ce sont souvent des personnes qui ont grandi sous l’esprit gonflé et hautain de leurs prochains. Sans le faire exprès, nos proches peuvent enfoncer en nous des clous qui ne s’enlèvent que par une force divine. Dans ces situations, on est dans un complexe d’infériorité. Certains de ces dominés se suicident, d’autres sont comme tués moralement. Un prêtre que je connais a plusieurs fois essayé de se suicider. Il a des qualités, mais ne sent inférieur et sans dignité. Chaque jour, son curé lui dit « Tes homélies sont nulles ». On ne regarde pas assez les souffrances des prêtres.
Jésus vient nous guérir de tout cela.

Nous avons honte de nous-mêmes ; honte des choses qui sont en nous et que la société condamne. Peut-être que je suis un criminel, un fils de voleur ou celui d’une prostituée ? Peut-être que j’ai commis un acte grave et que je me dis « Qu’est-ce que j’ai fait ? ». Adam et Eve eux aussi ont été détruits par la honte de ce qu’ils avaient fait. Comme eux, nous nous (sentons) obligés d’être dans le déni de l’acte qui nous fait honte ; et pourtant c’est Jésus qui pourrait avoir bien plus honte que tous les autres. Il naît en effet avec cette horreur de honte que constituent les (très nombreux) crimes de ses ancêtres. (prostitution, adultère, inceste, meurtre, adoration d’idoles). Jésus est par exemple issu d’un inceste, celui de Juda, père d’une des douze tribus d’Israël. Il couche en effet avec Tamar, la femme d’un de ses fils. Il pensait qu’elle était une prostituée et elle voulait avoir un enfant issu de sa famille. Elle cherchait en effet à obtenir une sorte de lévirat. Cette coutume voulait en effet qu’une femme veuve épouse le frère de son mari, ce qui est à l’origine du moment où on demande à Jésus ce qui se passe au paradis pour une femme qui aurait pratiqué le lévirat avec sept maris successifs qui auraient été sept frères ; mais Jésus répond que cela ne se passe plus ainsi au paradis.
C’est avec des vertus que je vais détruire ma saleté. Pour Jésus, le fait que je sois sale n’est pas un problème. Même pour un inceste, Dieu prend notre honte et l’amour de Dieu apparaît au milieu de tout cela.

/Nos condoléances sont pleines d’espérance et de joie. Ce qui est tristesse à nos yeux humains (ne l’est pas) aux yeux de Dieu. Celui qui va ressusciter au milieu de nous est vivant depuis l’éternité. Les Pères du concile de Nicée-Constantinople en 381 ont défini le Christ comme le Verbe de Dieu fait homme une fois et à jamais. Il est vivant et éternel et nous aussi, avant le corps et l’incarnation, nous existons.

lundi 22 décembre 2014

Chants de Noël syriaques : rite du feu, Al Bethlehem


`al béth lhém dihoudo 'ebréth,
Ouqolo dnousrotho chém`éth
Habibotho ouahdan doumoro.

Passant par Bethléem
J'entendis une berceuse très douce Qui m'a touché.

Qoloh dmaryam damnasro
Labroh, Sbayt bi mor ouahouit
émokh, Aboukh manou démokh
lo rghicho.
La voix de Marie chantant
A son fils: Il t'a plu, Seigneur, que je devienne Ta mère
Or Ton Père je ne le connais point.
Fqoud lasrofé dtolén
guéfayhoun,
Bghoudayhoun ouabsedrayhoun,
Bhouloléyhoun ouabqoudochayhoun
Ordonne aux Anges qu'ils enlèvent leurs ailles.
selon leurs degrés, qui Te rendent louange en Sainteté.
Fqoud loh lémokh dtébroukh
outésghoud loch, Outétél loch
halbo lhoy nouro dahzo
Mouché `al Touro dsina
Ordonne à Ta Mère de tomber à genoux
pour T'adorer et donner du lait au feu,
que vit Moïse sur le mont Sinaï.
Brikhou dachbaq markabtho
braoumo, Oubam `artho ourio
gbo léh Halellu ., oubho
lmoukokhé.
Béni est celui qui abandonna son
char dans les cieux et a choisi
une étable dans une grotte, pour
y naître