jeudi 24 décembre 2015

Veillée de Noël - Rite du feu. Chants de Noël syriaques : Al Bethlehem etc.


Chants du rite du feu - Veillée de Noël -
Paroisse Syriaque catholique 24 décembre 2015 - 20 heures. 

Chant- I Btoulto Yéldat.

Vidéo du chant Btoulou Yeldat Doumoro. 

Venez regarder la merveille, Celui qui était avant les siècles, est enfanté par une Vierge. Emmailloté, ce vieillard, de temps lointain, est né d’une Vierge.
Tout-Puissant comme les montagnes une jeune (femme) l’a porté en procession,
Lui qui offre le pain aux affamés, il tète comme un enfant
Un Fils sans commencement a voulu avoir un commencement.

Le nouveau-né est engendré et n’a pas de fin

Chant- II Eno Akimet. Psaume.

C'est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte. Alléluia et Alléluia pour qu’Il raconte mon alliance.
Le Seigneur m'a dit: Tu es mon fils! Alléluia et Alléluia ! Je t'ai engendré aujourd'hui.
Demande-moi et je te les donnerai, Alléluia et Alléluia, les nations pour héritage.
Des extrémités de la terre ton pouvoir (s’étend). Alléluia et Alléluia ! Tu les conduis avec un sceptre de fer.

Venez louer celui que la Vierge a enfanté sans mariage. Prosternons-nous au Soleil de la justice qui a brillé du sein de la Vierge. Glorifiez-le sans cesse pour les siècles des siècles.

Chant- IV Bnison Sabar Gabriel.


En avril l’ange Gabriel a fait l’annonciation, en décembre (a eu lieu) ta naissance. Toi (qui est) engendré du Père, fruit du sein de Marie. Toi qui donnes la nourriture à tous les peuples pour la vie éternelle.
Ce jour là est béni, par lequel le monde a obtenu la paix. Le Père a envoyé son Fils, une exubérance d’amour et de vie.

Les hommes et les anges le glorifient pour son humilité.

Chant- V Brichit Itawo.

Jean a écrit au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. La Parole est entrée par l’oreille au sein de la Vierge Marie, et a pris chair selon Sa volonté. Il est frappé d’anathème celui qui dit qu’Il n’est pas Dieu. Le Père, le Fils et l’Esprit Saint ne sont jamais séparés. Alléluia et Alléluia.

Le jour de ta naissance, oh Fils de Dieu, le Ciel et la terre avec toute la création ont exulté.  Des cris de joie, dans les Cieux la gloire, et sur la terre la sécurité et la paix. Les bergers et les mages ont offert leurs cadeaux. Les peuples et les générations ont chanté la gloire, Alléluia, de ta naissance.



Chant- VI Hallel, Hallel, Wémar.
Alléluia, Alléluia, et chantez Alléluia
Comme les bergers ont chanté Alléluia à Bethléem. 
Chantez, chantez, et chantez
Alléluia comme les bergers ont chanté Alléluia à Bethleem.

Toi le Sage, viens, vois et contemples, un Enfant nu, toute la terre dépend de sa volonté. Sois émerveillé, Lui dormant dans une mangeoire à Bethléem, et qui gouverne les deux mondes avec son Père. Toi (Jésus) la sécurité qui a réconcilié le Ciel et la terre, affermis ton Église et protège ses enfants par la Croix de lumière.   

Chant- VII ‘Al Bethléem. 
 
`al béth lhém dihoudo 'ebréth, 
Ouqolo dnousrotho chém`éth
Habibotho ouahdan doumoro.
Passant par Bethléem
J'entendis une berceuse très douce Qui m'a touché.

Qoloh dmaryam damnasro
Labroh, Sbayt bi mor ouahouit
émokh, Aboukh manou démokh
lo rghicho.
La voix de Marie chantant
A son fils: Il t'a plu, Seigneur, que je devienne Ta mère
Or Ton Père je ne le connais point.
Fqoud lasrofé dtolén
guéfayhoun,
Bghoudayhoun ouabsedrayhoun,
Bhouloléyhoun ouabqoudochayhoun
Ordonne aux Anges qu'ils élèvent leurs ailles.
selon leurs degrés, qui Te rendent louange en Sainteté.
Fqoud loh lémokh dtébroukh
outésghoud loch, Outétél loch
halbo lhoy nouro dahzo
Mouché `al Touro dsina
Ordonne à Ta Mère de tomber à genoux
pour T'adorer et donner du lait au feu,
que vit Moïse sur le mont Sinaï.
Brikhou dachbaq markabtho
braoumo, Oubam `artho ourio
gbo léh Halellu ., oubho
lmoukokhé.
Béni est celui qui abandonna son
char dans les cieux et a choisi
une étable dans une grotte, pour
y naître

lundi 14 décembre 2015

Sermon mariage, sacrifice et pardon.

Dans un couple selon le Nouveau Testament, l’homme (doit) aime(r) sa femme comme le Christ aime l’Eglise. Dieu demande à l’homme de se sacrifier, de souffrir, de donner son sang. Il dit « Je me suis donné complètement à toi, sans conditions, pour que tu sois heureuse et responsable ». C’est la juste manière de se donner. Si la femme a(vait) plus fauté, c’est parce qu’elle est plus sensible et blessée. Qu’elle n’est souvent pas dans son assiette, qu’elle a besoin d’amour, de tendresse, de patience et de dialogue.

Chez les Juifs, les fiancés étaient engagés dans une partie essentielle du mariage même s’il n’était pas encore consommé. Le choix des conjoints était fait par les parents, et malgré cette dictature sur le choix de savoir avec qui partager sa vie, des mariages étaient bien réussis, avec les valeurs et le respect.

Aujourd’hui, les hommes et les femmes se choisissent librement et les familles connaissent beaucoup de crises. Aujourd’hui, on fait des mariages de compromis. On fait un contrat : « moi je veux ça et toi cela. » Si ce contrat n’est pas respecté : « Au revoir ». Les conjoints ne supportent pas le poids douloureux du mariage. La vie était-elle meilleure qu’aujourd’hui ? Pourquoi décidait on de faire la vie ensemble tout de même ? Nos grand-mères disaient : « J’aime le sacrifice pour l’unité », alors qu’aujourd’hui, on ne connaît pas le sacrifice. Des femmes âgées m’ont dit. « Je suis restée. Il ne le méritait pas, mais je suis restée pour lui montrer le bon chemin, pour qu’il ne soit pas plus perdu ». Aujourd’hui on dit : « Si tu ne me donnes pas mes droits, je te laisse ». Cette société veut uniquement des droits sans les devoirs.

Dans un couple selon l’Evangile, il faut de l’amour, de la douceur, de la patience et de la bonne volonté.
Dans la chrétienté, celui qui aime ne cherche ni droits, ni devoirs, mais seulement la volonté de guérir et sauver. Nos mères n’étaient pas des mères qui veulent sauver un mari et des enfants. Les enfants ont besoin d’un père et d’une mère et la grandeur de la vie se trouve dans le sacrifice (pour ceux qu’on aime).

Pour unir les conjoints, il y a un élément de base, un rocher indispensable : la volonté de se choisir l’un l’autre, malgré les difficultés. Il faut aussi l’aide de Dieu pour connaître l’amour, pouvoir se sacrifier et être heureux de le faire. Je peux aussi plus facilement me sacrifier si c’est pour un bien plus grand pour moi, mais surtout pour ce qui fait du bien à l’autre. Je peux faire des efforts pour mon métier, pour mon égoïsme, mais j’en ferai surtout pour l’autre.

Pour pouvoir se donner, il faut aussi expérimenter le pardon et le salut de Dieu. Il ne faut pas avoir peur de nos péchés. Ne pas refuser de les regarder. Quand on les regarde, on peut être terrorisés, même par les petits péchés qui peuvent allumer une forêt entière. Ne négligeons pas une petite faute qui peut devenir cause de destruction et d’horreur. (Même si) l’autre me condamne et me juge en ne me permettant pas d’être pêcheur.
N’ayons pas peur au contraire d’avoir tendresse de nous-mêmes en reconnaissant que ce qui nous détruit (est une question) qui regarde les yeux de Jésus qui nous dit « N’ayez pas peur ». Que celui qui est malade regarde les yeux de Jésus qui dit « Si tu n’as pas peur (de ce regard de Jésus), tu vas même convertir le monstre, tu oublieras l’hypocrisie des autres qui te poignardent. Celui qui est détruit et blessé ne se sent pas capable, il doit chercher Jésus et c’est Jésus qui changera nos vies pour que nous le glorifiions sans cesse.

C’est Jésus qui te donne le courage d’aller vers l’avant. 

lundi 7 décembre 2015

Veillée de Noël le 24 décembre à la paroisse Saint Ephrem 17 rue des Carmes Paris.

La Veillée de noël aura lieu le 24 décembre 2015 à partir de 19h00
Horaire modifié, la cérémonie commencera à 19h00 au lieu de 19h30
17 rue des Carmes 75005 Paris.

Veillée de l'Avent avec la paroisse Sainte Marie des Batignoles

La paroisse Saint Ephrem ira à la recontre de la paroisse Sainte Marie des Batignoles le samedi 12 décembre.

Veillée avec les Chrétiens d’Orient Samedi 12 décembre à 20h à l’église Veillée de chant et de prière en partage avec nos frères des paroisses catholiques orientales de Paris.
Sainte-Marie des Batignolles 77 place du docteur Félix Lobligeois, 75017 Paris www.ste-marie-batignolles.com

Sermon du silence, pour faire germer la tendresse.

A propos de la naissance de Saint Jean-Baptiste et de la manière dont il reçut son nom.
Comment les parents de Saint Jean-Baptiste sont rentrés dans le silence.
Aujourd’hui, c’est le triomphe du bruit, partout. Au contraire Dieu impose le silence à Zacharie, père de Jean Baptiste qui n’a pas voulu croire qu’il aurait un fils avec sa femme, déjà très âgée. Ce n’est pas une punition de sa part, mais une thérapie. C’est une privation médicinale et guérissante. Il fait souffrir les personnes qui aiment la vérité, la justice et l’amour. Les justes l’acceptent comme on accepte d’être mis au feu pour être purifiés.
La femme de Zacharie, Elisabeth est plus mûre que son mari car elle garde le silence. Zacharie rentre dans ce silence car sans sa collaboration avec Dieu, rien n’aurait pu se faire. Dieu n’est pas un magicien (qui agit sans la collaboration des hommes).
Quand faut il annoncer les merveilles de Dieu ?
Zacharie et Elisabeth ne parlent qu’au moment où il faut le faire et annoncer ce qui s’est passé sans nourrir les curiosités jalouses et destructrices. On peut regarder (indiscrètement) par manque de confiance en soi, pour nourrir une jalousie du bonheur des autres.
La curiosité, comme aliment du conformisme.
Cette curiosité est l’une des maladies du siècle. La curiosité peut être bonne au contraire si elle construit au contraire sans alimenter mon orgueil.
C’est la religion de ceux qui demandent le prénom de l’enfant né de Zacharie et d’Elisabeth avec insistance et indiscrétion. Ils veulent imposer la loi (du conformisme social) en demandant que le nom de l’enfant soit le même que celui de son père (dans une reproduction automatique). Elle est dans une société qui est Agar, (qui est dans la transmissions de générations purement humaines), qui est dans une religion de la lettre, de l’aveuglement et de la destruction.
L’annonce d’une révélation de la tendresse de Dieu.
Le nom que l’Esprit Saint souffle à Zacharie pour son fils est Jean, ce qui veut dire la tendresse et l’amour de Dieu. C’est cela qui apporte le grand changement et la paix.
La tendresse c’est donner du temps, penser à l’autre, se soucier de lui.
La tendresse c’est du contact, (de la conversation), du support, de la patience.
La tendresse c’est aussi d’accepter de souffrir pour une vérité qu’on aura su montrer avec tendresse et pas pour faire du mal.
Dans le geste de Zacharie comme père de Jean, la signification de son nom change. Zacharie veut dire que Dieu a du souvenir. Si le père nomme son nouveau-né Jean, Zacharie devient alors celui qui se souvient des bontés de Dieu et les fait connaître au bon moment.
La tendresse et la croix.
La vocation chrétienne est d’être un homme juste et équilibré, qui sait être à sa place et donner sa tendresse. Nous sommes appelés à changer pour devenir cet homme juste, en acceptant de supporter la croix (qui se trouve souvent dans l’accomplissement de nos responsabilités).
La tendresse et le travail.
On peut se demander ce qui reste de nos vies quotidienne et de notre travail. Pourquoi nous faisons notre travail et le ménage, quelle est la part d’amour et de tendresse qu’on peut y trouver. Chaque instant est précieux, mais il y a des moments où on ne sait pas quoi faire, dans le vide et l’ennui.
L’homme sans Dieu est dans l’ennui et la routine, dans le non-sens, la mort et les ténèbres. Avec Dieu, la vie trouve son sens, moment après moment. Aucun instant n’est sans importance (même) dans la routine et le vide. Ceux qui s’abiment et se perdent dans le travail cherchent le sens de leur vie à l’extérieur d’eux-mêmes.
Ils sont à l’inverse de l’anachorète, du moine qui est fort est puissant en lui-même. Ceux qui sont dans la maladie et la peur vont vers les moines et leur demandent une bénédiction. Ils demandent des miracles, une guérison, de l’argent, de la santé. Ils sont comme Agar, la première femme d’Abraham et pas comme Sara (et sont esclaves de leurs œuvres humaines).
Nous n’avons pas vocation à être esclaves du travail, de notre passé ou du moment présent. Nous avons tout ce qu’il faut pour faire des miracles, changer, être forts, tout en connaissant ce qui est à l’intérieur de nous.
Il faut chercher en quoi ce travail est lié à ce qui est donné dans un débordement de générosité. Sans le don du travail, en cas de chômage ou de trop grandes richesse, la vie est vide.
La tendresse et la vérité.
Seigneur, donnes moi de me comporter avec les autres selon la loi, la vérité et la tendresse. L’une ne va pas sans l’autre. Des gens veulent nous tuer au nom de leur vérité déconnectée de la tendresse. La vérité sans tendresse rend fou. L’Etat gouverne bien souvent sur ce mode des passions (et des vérités conventionnelles) dans laisser de place à la tendresse.

Demandons la force d’être tendres ; avec l’aide de Dieu c’est possible. 

Sermon après un jour de violences.

Ceux qui sont sortis combattre le mal par leur amour ; ceux-là aucune balle ne peut les toucher, il sont dans l’amour et dans la tendresse. Comme eux, nous n’avons pas peur si la croix est notre échelle vers la vie. Nous ne reculerons pas devant qui que cela soit. Sortons, soyons heureux pour ne pas leur donner du pouvoir sur nous.
Nous pouvons essayer d’éclairer ce qui s’est passé à la lumière de l’expérience douloureuse de la vie des chrétiens syriaques depuis le VIIe siècle. Ceux qui entendent et comprennent les discours de l’islam fondamentaliste ont essayé de d’avertir la France de faire attention. Les victimes des attentats du vendredi 13 septembre sont mortes pour dire « réveillez-vous ». Cela n’attaque pas les musulmans, beaucoup d’entre eux sont gentils, mais cela dénonce l’islam fondamentaliste.
L’Evangile de ce jour parle de l’annonce de l’ange Gabriel à Zacharie, le père de Jean le Baptiste. Le nom de cet ange veut dire « la force de Dieu », mais ce n’est pas une force sans tendresse. Ce n’est pas l’image d’un dieu de violence et de torture que suivent ceux qui tuent et qui massacrent en son nom. Ils en font comme un père violent avec son fils au point de l’obliger à être mauvais. Ils veulent tuer tous ceux qui ne partagent pas leur doctrine.
Au contraire, Dieu manifeste sa puissance par sa tendresse. Il donne à Zacharie l’inspiration d’appeler son fils Jean, en hébreu Yo Hanon, « la tendresse et l’amour de Dieu ».
Cette tendresse de Dieu conduit à accepter le sacrifice de soi pour aimer sauver les autres. Le cardinal André Vingt-Trois nous appelait à refuser la haine car chaque homme est une manifestation de Dieu.
Dieu nous a fait une bouche pour que notre cœur puisse parler. Il peut aussi nous donner comme à Zacharie la vertu du silence. Il lui dit « tu seras silencieux ». Il ne s’agit pas de s’endormir (dans la passivité), mais de méditer, de contempler, de discerner pour pouvoir parler comme Dieu, dans l’Esprit. Comme nous avons deux oreilles et une seule bouche, il faut écouter deux fois plus qu’on ne parle.
Ecouter, c’est aussi se rappeler qu’il a dit : « Sans Moi, vous ne pouvez rien faire » et savoir que seul Dieu peut réaliser la paix.
Cette réalisation se trouve dans la mémoire que nous faisons de la grand-mère d’une famille de la paroisse. On a célébré ses noces céleste (au terme de sa vie terrestre). Elle a su, durant sa vie, être silencieuse pour écouter la voix de l’amour, de la fidélité, de l’unité et de la paix. Elle a su être sur le chemin de l’épanouissement et du changement.
Dieu dit que ceux qui éduquent leurs enfants dans la justice brilleront comme des étoiles dans le ciel. Que l’exemple (des bonnes personnes) nous rende plus courageux et plus prêts à nous sacrifier.


Prière.
« Illumine les yeux de notre conscience et ceux des autorités des pays qui subissent le terrorisme, que celui-ci soit visible ou caché.
Que ces autorités puissent te glorifier avec tranquillité et sérénité et t’imiter, (Toi qui es un Dieu de bonté). Qu’ils puissent aussi imiter les pères de l’Eglise et ceux qui ont été grands dans le sacrifice d’eux-mêmes pour Toi.
Accordes le pardon pour tous les péchés et les défauts de nos défunts et accordes leur le repos éternel.

Toi qui es Dieu de la vie, des merveilles et des bonnes aventures, Envahis nous de ton Esprit Saint. 

dimanche 8 novembre 2015

Sermon du renouvellement

Sur la fête de la dédicace du Temple
L’évangile du jour nous conduit sur le chemin de la vraie vie. Il nous conduit à la suite de Jésus qui est sage et très heureux. Jésus agit pour que nous puissions découvrir notre vocation dans une vie concrète. (Il est un modèle pour mener sa barque sur le chemin de la vie.
[Jésus est le chemin]
Jésus-homme dit « moi et le Père nous sommes Un ». Il est une figure d’épousailles nuptiales au-delà de la « chair ». Il montre l’exemple d’une fusion voulue et individuelle. Jésus était un exemple car il savait ce qu’il voulait et quel chemin adopter, sans hésiter. Il était sans ces inquiétudes que nous avons dans la tête à propos de l’avenir ou du but professionnel, familial ou spirituel de nos vies. Il savait où conduire son esprit. Jésus est simple et pas compliqué sans être naïf pour autant. Il montre comment être avec Dieu en sachant évoluer sans changer d’avis sur l’essentiel.
[Un chemin de vie]
Il annonce d’une certaine manière la Vie éternelle (et accomplie) en disant « Peu importe où je serai, cela m’est égal pourvu que je devienne quelque chose de bien ». (L’avenir et le chemin qu’il ouvre) est comme un cadeau invisible. La vie éternelle (qu’il annonce) est comme la succession de cadeaux de la vie. (Elle est la somme des renouvellements qu’elle nous apporte.
[Une fête du renouvellement de la vie]
En ce jour où les chrétiens commémorent la fête juive de la dédicace et de la purification du Temple, nous pouvons réfléchir sur les grandissements et les mûrissements de notre vie.
[Le renouvellement passe par un nouveau départ]. S’il y a eu une blessure ou une fissure dans nos vies comme dans un vase, il faut démonter les morceaux, (assumer la cassure pour recoller ensuite proprement les morceaux). Cela me permet de faire mieux avec mes mains créatrices, pleines d’amour et d’invention. On a parfois peur d’être détruit et renouvelé [Comme dans le baptême], alors que cela permet de refonder quelque chose de plus beau pour se renouveler.
[Un renouvellement par la patrie, la culture et l’identité]
Ce renouvellement est proche de celui du Temple des Juifs. C’était le centre de la vie spirituelle et de l’identité du judaïsme. Le fait que (les rois grecs issus de la conquête de la Judée par Alexandre le Grand) aient pu toucher à ce Temple était très grave. Il fallait restaurer l’identité et la culture du peuple juif après cette blessure par l’occupant grec et par son paganisme. Celui-ci avait interdit aux Juifs d’être dans le Temple et avait profané l’autel du Seigneur (en introduisant des dieux païens dans le sanctuaire).

C’est contre ces profanations qu’a eu lieu la révolution des Macchabées. Le livre de la Bible qui raconte leur combat montre leur merveilleux esprit patriotique et leur soulèvement légitime contre un occupant parasite. Il montre une résistance contre l’assimilation de la culture grecque. En faisant le rapport avec la condition d’exilés de bien des Syriaques, on peut dire que nous sommes appelés à une intégration, mais pas à une assimilation, dans un mouvement qui ne nous prive pas de l’essentiel.
Le renouveau passe par la réappropriation de trois éléments non négociables : Patrie, Culture et spiritualité. Jésus les restaure dans sa personne et son parcours. Avec lui je ne peux pas être déraciné spirituellement et moralement. En célébrant la fête de la dédicace du Temple, il reconnaît l’importance de la patrie, de la culture et de la spiritualité.
[Un renouvellement par le miracle de la lumière de Dieu]
La (nouvelle) dédicace du Temple, à l’occasion de la victoire (des Maccabées) a été l’occasion d’un miracle. Un peu d’huile sacrée avait été conservée à l’abri, avant la profanation du Temple par les rois grecs, dans l’espoir d’un renouveau. Après la victoire, cette huile a été versée sur le Temple. Le lendemain il a brûlé et a été purifié par le feu.
De même, ce sont l’amour et le feu de Dieu qui nous rénovent et nous rendent sages et capables de discerner le bon chemin.
Autre miracle proche de ce temps pour les Juifs, celui de la fête des Lumières. L’huile sacrée du candélabre à sept branches n’était plus disponible que pour un jour, et la flamme a persisté pendant huit jours.
De même, le peuple des baptisés serait toujours égaré dans le néant sans être guidé en chemin par sa lumière. Il en resterait aux pauvres « lumières » humaines d’une raison trop cartésienne, liée au corps et à ses mouvements psychologiques.
[Renouveau par l’esprit d’enfance]
Pour donner à nos chemins de vie un sens de beauté, de paix et de confiance, vers la résurrection, nous avons à restaurer l’image de l’enfant en nous. Toutes les valeurs et les lumières se trouvent dans l’enfant. Les bébés ne savent pas mentir et être hypocrites. En voyant un enfant, on a une paix intérieure. On devient sauvage et menteur en détruisant l’enfant qui est en nous. Nous n’arrivons pas à le détruire tout à fait, mais seulement à le voiler. Si nous faisons cela, il souffre et crie de plus belle. En retrouvant l’esprit d’enfance, nous réapprenons à être cajolés et à écouter la voix de Notre Père. L’enfant qui est en nous a besoin de grandir sans être rejeté.
[Renouveau qui nous libère de la peur de la mort]

Celui n’a pas connu de rénovation intérieure en lui a peur de la mort. Il ne trouve pas en lui l’énergie de l’espérance et risque d’être de ces morts qui refusent la lumière de Dieu. La mort éternelle, c’est le refus du renouvellement que Dieu nous donne. C’est le refus du renoncement à tout ce qui peut être orgueil de nous-mêmes, (le refus du retour à l’esprit d’enfance qui permet d’entrer dans les chemins du seigneur). 
Image. Judas Macchabée priant pour les Hébreux morts en état de péché. Rubens. Nantes. 

lundi 15 juin 2015

Jésus n'est pas venu apporter la paix.

Jésus est une épée, il ne vient pas apporter la paix mais son message provoque la division dans les familles.
Résumé : Jésus est une épée ; il porte un glaive de contradictions ; il ne vient pas apporter la paix mais la division dans les familles. Il nous apprend à pardonner sans faiblesse, à nous séparer du mal, de l’orgueil et de nos mauvais héritages, sans laxisme sentimental pour ce qui est mauvais et sans dureté ou découragement mais avec amour et par l’Esprit Saint.
Évangile est paradoxal. Il dit de s’unir, de vivre ensemble, de pardonner ; il annonce l’union et dit aussi qu’il vient séparer, compris dans les familles. Il annonce qu’on peut vivre main dans la main et que les plus proches peuvent devenir des ennemis.
Jésus nous apprend à pardonner.
Persécuté, il pardonne. De nombreuses fois dans l’Évangile on voit Jésus, bon maître, enseigner la patience, l’humilité, l’amour, la réconciliation. Il enseigne comment vivre heureux et humble sur ce chemin. Il montre comment avoir la vraie lumière et un vrai pardon, vécu et voulu dans le mystère de l’union entre Dieu et l’homme. L’homme est convaincu de suivre ce chemin quand il comprend l’amour, le pardon et la patience de Dieu envers lui. Ce pardon est tellement grand ! Dieu ne cesse de me pardonner et de m’aimer.
L’orgueil du refus du pardon et le désir de violence.
Face à ce pardon, on peut s’éloigner, dans l’orgueil de celui qui ne veut pas de l’aide et de l’amour de l’autre. Dans ce cas, je ne veux pas être humble et je reste enfermé en moi avec mes douleurs, mes déchirures et ce qui me gâche la vie à l’intérieur de moi.
On peut vouloir l’inverse du pardon, mais quand les apôtres demandent à Jésus d’appeler le feu du ciel contre une ville, il les traite comme des diables. On n’a jamais le droit de se venger, mais seulement de se défendre sans aggraver les choses. Il faut être un homme fort pour choisir l’amour et s’écarter du laxisme et du découragement.
Des parents peuvent se faire les ennemis de leurs enfants.
[Jésus annonce que son message et son exemple vont conduire à des rejets violents et à des divisions, y compris dans les familles].
Des parents sont les ennemis de leurs enfants QUAND ils enseignent de mauvaises choses à leurs enfants. C’est par exemple le cas quand une famille de Daesh enseigne un esprit de violence. Ils enseignent de tuer des gens, non pas pour ce qu’ils auraient ou faire, mais pour leur foi. Ils disent de tuer ceux qui proclament la foi au christ explicitement, mais aussi ceux dont les actes correspondent à l’enseignement de Jésus. Les enfants doivent se séparer de leurs parents s’ils leur font du mal en enseignant à faire le mal. L’enfant est innocent, fragile et faible et on peut semer à l’intérieur de lui une psychologie destructive. Les intentions des parents peuvent tuer psychologiquement leurs parents.
Résister au mal, sans laxisme.
[Résistance contre les mauvais héritages familiaux, sans laxisme sentimental]
Jésus ne fait pas de cadeaux avec le mal, c’est une épée qui le sépare du bien. Il ne faut pas faire la paix avec le mal ne accepter ce que nos parents font si c’est le mal. Il faut sortir des émotions et des sentiments d’attachement psychologique s’ils nous empêchent de voir les blessures psychologiques qu’ils peuvent provoquer.
Aux noces de Cana, quand sa mère et ses disciples viennent le chercher, Jésus nous dit « Qui sont mes parents ? ». Il répond « Ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » Rien de plus beau qu’une famille qui applique sa Parole de Dieu et sait pardonner.
Résister au mal, sans dureté.
La justice, c’est de reconnaître la force de l’expérience de la tendresse du pardon, à la lumière de l’Evangile. La justice, c’est une loi qui s’applique AVEC de la tendresse du pardon. Nous demandons toujours la justice, mais il faut qu’elle existe avec la miséricorde. Jésus vient séparer [le bien du mal] et pas pour tuer. [Dans l’idéal] on éloignerait les criminels en les mettant en prison, mais avec des psychologues pour réparer préparer la réinsertion des  prisonniers. Dans la vie actuelle, on éloigne sans miséricorde et les prisonniers deviennent bien souvent plus délinquants qu’avant. On ne sait pas être tendre avec les criminels [En étant dans un amour réel, sans laxisme et sans excès de sévérité].
Comment répondre au mal : Saints Behnam et Sara face à leur père persécuteur.
Behnam et Sara, enfants du roi des Perses [s’éloignent de ce qui est mauvais dans l’attitude de leur père en suivant la loi d’amour du Christ]
Behnam reçoit un mage qui veut lui apprendre la paix et l’amour. Après cette visite, il va chercher sa sœur Sara qui était lépreuse et la conduit au moine mar/saint Matti qui la guérit. [Un monastère garde son souvenir sur une montagne qui surplombe la Plaine de Ninive, non loin du monastère de mar Behnam et Sara] Après cette guérison, le roi, leur père, veut les obliger à se prosterner à nouveau devant les dieux de l’orgueil et de la violence. C’est un père qui maudit et tue ses enfants. Après avoir martyrisé son fils et sa fille, il veut jeter du pétrole sur leurs cadavres, mais la terre s’ouvre et engloutit les corps, pour leur éviter la souillure. Après leur mort, ses deux enfants finissent par convertir leurs parents. Le père, devenu fou est conduit par sa femme devant mar/saint Matti. Arrivé auprès de l’amour, le père persécuteur se convertit.
[Jésus nous apprend à nous séparer du mal pour nous unir les uns les autres.]
Si Jésus vient pour séparer, il le fait pour unir ensuite dans l’amour et la justice. Avec Dieu, je peux m’unir parfaitement aux autres. Prions pour les musulmans convertis qui sont persécutés pour la justice. Ils ont découvert la vie, l’amour et la joie dans le Christ.
[Jésus nous aide à aimer en vérité.]
On a besoin d’expérimenter que Dieu est bon [pour pouvoir témoigner que] notre vie est avec Jésus.
Seigneur tu connais notre nature faible face au péché et tu ne nous condamnes pas. Tu nous transfigures dans notre vie pour nous faire découvrir les aides que nous recevons de la part du Dieu de la foi qui nous donne la confiance en nous.

L’Esprit Saint nous donne la force de lutter contre le mal. 

lundi 27 avril 2015

Avec Saint Thomas, sortir de ses idées préconçues et entrer dans la confiance.

Notre résurrection intérieure passe aussi par nos blessures. Jésus montre ses blessures à Thomas car c’est dans ses blessures qu’est la résurrection. C’est un paradoxe, mais c’est notre folie face au monde. Dire comme saint Thomas après sa conversion que « le Christ est vraiment ressuscité » n’est pas une évidence. C’est Jésus qui nous révèle le mystère de l’homme qui dépend parfaitement du mystère de Dieu. C’est à travers lui qu’on peut découvrir le sens de notre humanité.



[La foi sous contrôle des prescriptions]
Rien de plus fastidieux angoissant et gênant que de vivre notre vie chrétienne uniquement en suivant des prescriptions sans le faire avec joie et maturité. Il en faut de la maturité pour découvrir la grandeur de notre mission et la vivre sans la réduire à notre propre manière de voir les choses. Dans l’épître aux Corinthiens, on a vu que c’est le Christ lui-même qui change et dévoile les choses, ce qui nous libère.
[La foi comme dépannage en cas de difficultés]
Sans Jésus, nous sommes très loin de la vérité et de la vie. Ce n’est pas à nous de décider la discipline à vivre, car on se trompe et on (peut) faire un bien qui est un péché s’il n’est pas inspiré par Dieu. C’est un bien lié à mon arrogance, à ma faiblesse et qui reste boiteux quand ce bien n’est pas vital. C’est un bien pour un moment, un bien de dépannage.
La résurrection va bien au-delà des dépannages (qui peuvent être nécessaires) de notre vie. La résurrection est autre. Elle est le fait de donner et de montrer la vie en plénitude, en paix et qui se vit dans l’action. Il n’y a rien de pire au contraire que de mettre Jésus dans un laboratoire.
[La foi sous le contrôle de la raison]
Notre foi est faible aujourd’hui car on traite Jésus comme Thomas le faisait en restant incrédule. Si je sais que Jésus est ressuscité, qu’est-ce que cela change dans ma vie ? Quelle sécurité, quelle nouveauté et quelles inventions y trouvent elles leur place ?
Nous disons « Christ est ressuscité », mais est ce que ce n’est pas une routine. Il y a un grand danger dans la vie, celui de mettre Jésus à l’épreuve en oubliant qu’il est écrit « Tu ne tenteras pas ton Dieu ».
Thomas veut mettre Dieu à l’épreuve à la lumière de sa raison. En voulant mettre sa main dans son côté, il réduit Dieu à quelque chose de scientifique, il réduit l’homme nouveau à un effet de la raison, qui ne ressuscite pas vraiment. Mais cette raison humaine sans Dieu, c’est le Diable, c’est la tentation, c’est l’intelligence qui se fait escroquerie. Le Diable peut m’avoir car il est intelligent. La corruption couverte par l’intelligence, c’est de tromper pour ne pas voir l’essentiel et pour ne pas vivre selon Dieu. Thomas veut agir de cette manière en mettant sa main dans le côté du Christ et Jésus lui répond : « Cesse d’être incrédule, sois croyant ».
[Jésus nous donne la paix dans ses blessures]
Notre résurrection intérieure passe aussi par nos blessures. Jésus montre ses blessures à Thomas car c’est dans ses blessures qu’est la résurrection. C’est un paradoxe, mais c’est notre folie face au monde. Tu ne peux connaître Jésus que dans ses blessures. Sauver quelqu’un ne se fait pas qu’avec des mots. Sans le sacrifice, on ne peut pas sauver. Dans un mauvais chemin, où est la résurrection. A travers les tortures et les massacres, on est toujours angoissé. On se demande quel est le sens de la résurrection au milieu des souffrances.
« Cesse d’être incrédule, vas contre ta ‘’raison’’ ». On ne peut pas être un martyr sans l’expérience de la vie après la mort et de l’exode dans notre vie.
[Jésus apporte la paix dans l’épreuve]
Que fait Jésus pour ses apôtres emprisonnés ? Il leur dit « La paix soit avec vous » et les diables et les bourreaux ne sont pas là. Quand il dit cela, c’est le moment du changement. Pour que les chrétiens soient changés et qu’ils soient des hommes de la résurrection, il faut qu’ils affrontent le bourreau et le tombeau en regardant vers le haut.
Certains des rescapés de grands massacres se demandent pourquoi ils n’ont pas été tués à la place de ceux qui sont morts. D’autres pensent qu’ils n’arriveraient pas à témoigner de leur foi jusqu’au martyre.
[De l’enfermement au témoignage]
Les apôtres enfermés dans leur peur avant la Pentecôte ont ensuite pu être éclairés, dire comme Saint Thomas l’apôtre « Mon Seigneur et mon Dieu » et témoigner de la vie éternelle. Les étapes d’ignorance et de lâcheté par les quelles Saint Thomas et des autres apôtres sont passées ne sont pas graves si on se rend compte ensuite que la paix extérieure qu’on recherche n’est pas suffisante car il n’y pas d’autre chemin que Jésus.
[Résurrection de la vie intérieure et triomphes extérieurs]
Jésus m’a envoyé pour que je dise ce qui est vrai, pour que j’apprenne à changer d’idées et de conceptions. C’est Jésus qui va me conduire à témoigner après nous avoir dit « Ne soyez pas enfermés ». Il demande aux apôtres enfermés chez eux avant la Pentecôte de lui faire confiance.
Faire confiance à la vie intérieure et à Jésus est impossible en se fondant uniquement sur les forces humaines. Saint Ignace d’Antioche n’a pas cherché à échapper à sa condamnation à mort. Il était heureux. Il n’a eu ce courage surhumain que parce qu’il avait expérimenté la vie éternelle sur la terre. Sans la prière et la vie intérieure, on ne peut pas se revendiquer pleinement comme chrétien. Sans ressusciter dans sa vie intérieure, on ne peut pas triompher d’ennemis extérieurs, même s’ils sont tels que Da’esh. L’Europe donne de l’argent et de l’or contre Da’esh et cela asservit les chrétiens qui reçoivent cette aide et se démobilisent. Il faut se soucier de son avenir sur cette terre, mais aussi dans le ciel. 

Image Site Vasari.

dimanche 1 mars 2015

En ces temps difficiles, il n'y a que l'espérance qui puisse nous porter.

Ce que je demande, ce que je dis toujours, c’est qu’il faut avoir beaucoup d’espérance et beaucoup d’amour. »




De l’espérance, parce que dans ces temps difficiles il n’y a que l’espérance qui puisse nous porter. 
La raison, les nouvelles qui nous arrivent tous les jours, qui nous bombardent, depuis la télévision jusqu’à tous les moyens de médias, nous poussent vraiment à être pessimistes.
Il n’y a que l’espérance, parce que nous croyons, que nous avons cet amour pour le Christ, nous savons qu’Il nous aime, qu’Il aime l’Église, qu’Il aime l’humanité, qu’Il aime tout homme. Il ne peut pas nous laisser, même si nous passons par des épreuves aussi difficiles.
Tous les jours nous prions « Délivre nous du mal ». 
Je me pose la question parfois : ce mal-là, on ne sait pas où il est, mais aujourd’hui je sais qu’il est parmi nous et à côté de nous, autour de nous à Hassaké, à Kamichli, partout en Syrie et en Irak. Et je me demande justement, comment ferai-je, comment ferons-nous pour être sauvés de ce malin.
On ne le vaincra qu’en s’attachant encore plus au Seigneur, en aimant encore plus le Seigneur, et en aimant les autres, parce que c’est en aimant les autres qu’on finira par aimer le Christ, même ceux de Daech, surtout ceux de Daech. Je prie toujours pour eux.
D’ailleurs dans une oraison funèbre d’un grand de chez nous, chrétien, qui a été égorgé, j’ai dit « je ne peux pas haïr ceux qui l’ont égorgé, je prie pour eux, pour qu’ils reviennent sur la route droite, comme nous le disons en arabe, et qu’ils finissent par arriver au vrai Seigneur qui est le Christ notre Dieu. »

Source

Prier avec Monseigneur Hindo pour la région du Khabour et l'est de la Syrie

Alors que des centaines de familles chrétiennes fuient devant la menace de DAESH et se réfugient en ayant tout perdu à Hassaké, prions avec les mots que Mgr Hindo nous avait confiés en septembre dernier.
MGR-HINDO
MGR-HINDO
Ô Christ,
notre Dieu crucifié et mort parmi deux pêcheurs pour le salut des pêcheurs,
Donne nous,
qui portons ton Saint nom et qui sommes jetés sur la route du Golgotha,
bannis, maltraités, persécutés, et tués,
d’être à votre exemple un sacrifice agréable pour la rédemption de nos persécuteurs et le salut du monde,
Amen
Source Oeuvre d'Orient

Comment guérir de ce qui nous paralyse intérieurement ? Sermon sur la guérison du paralytique

Sermon sur le miracle de la guérison du paralytique. (La foule bloque la porte d’une maison où Jésus se trouve, les amis du paralysé font un trou dans le toit pour le faire descendre auprès de Jésus. Il lui dit « tes péchés sont pardonnés », cela scandalise une partie de l’assemblée car en pardonnant les péchés, il se met à l’égal de Dieu, qui seul pouvait pardonner les péchés. Il leur répond qu’après avoir fait une chose difficile (pardonner), il va en faire un facile, faire que le paralysé se remette à marcher.
Ce qui nous paralyse.
Il arrive un moment où nous n’arrivons plus à supporter les hypocrites, menteurs et calomniateurs qui s’avancent avec un habit d’agneau.
L’injustice me fatigue psychologiquement, elle fait que je deviens comme le paralysé de l’Evangile. Nous qui sommes modelés par le péché, nous sommes faibles. Il ne s’agit pas d’un péché transmis par le sang (mais d’une contagion venue du monde). Le péché qui (me) vient de la société me pousse à détester même mon père et ma mère.
Les causes du mal.
Nous sommes attaqués par les forces invisibles du mal. Aujourd’hui on dit (trop souvent) que nos problèmes sont psychologiques, on vous envoie chez le psy ou à l’hôpital Sainte Anne, mais il y a aussi l’esprit du mal qui profite de la fragilité des émotions humaines.
Le péché subi.
On a en nous un homme ancien, pourri et paralysé par le péché. Je constate que je fais le mal que je ne voudrais pas faire et que je ne fais pas le bien que je voudrais faire (Saint Paul).

Notre participation au péché.
L’homme ancien qui est en nous est séduit par le péché contre l’intelligence et la sagesse de Dieu qui se manifeste au plus haut point dans la miséricorde.
On n’a pas en nous la force de pardonner à nos persécuteurs, qu’il s’agisse de gens comme ceux de Daesh ou d’autres. Comment pouvons-nous pardonner ce qui est impardonnable, comme les décapitations par exemple ?
Par le pardon, vers la guérison.
Humainement j’ai le droit de détester celui qui me fait du mal, mais Dieu est venu parmi nous pour nous donner la force et la capacité d’aller plus loin et de pardonner.
Je peux subir la paralysie psychologique que me transmettent les autres, mais j’ai la responsabilité de laisser mon âme être paralysée elle aussi. Par le péché, je me persécute moi-même. Je n’ai donc pas à avoir peur de ceux qui ont le pouvoir de paralyser le corps, mais de ce qui peut paralyser mon âme. La guérison que Jésus apporte et anticipe la résurrection de notre âme et de notre corps.
Vers une re-naissance.
On a aussi en nous un homme nouveau re-né par la force de l’amour et de la miséricorde.
Par Jésus nous avons le pouvoir d’être enfants de Dieu. Il me fait devenir plus fort car ma vie n’est pas terminée avec mon corps. Ma vie est une âme et un corps fait pour la résurrection. Mon corps peut être torturé, mais il est comme le grain de blé qui meurt et qui va ressusciter.
Vers la vraie guérison.
Beaucoup vivent leur relation à Dieu comme une panique, dans la demande d’une guérison qui nous permette de vivre comme avant.
La guérison matérielle est le signe extérieur d’une guérison intérieure. Jésus nous donne en nous un royaume qui ne dépend pas de la mollesse de notre condition humaine.
Dieu ne guérir pas tout le monde (matériellement). Il me dit « Mon fils, le bonheur de la vie est en toi ; j’ai guéri la paralysie de ton âme ».
Par cette guérison intérieure, nous n’avons plus peur de la persécution de notre corps.
Pour recevoir cette guérison, on a besoin de beaucoup de rencontres avec Dieu.
Aujourd’hui, on voudrait guérir le paralytique loin de Jésus alors que Dieu nous donne l’Esprit Saint pour qu’il guérisse les paralysies de nos âmes, pour que nous soyions dans le dynamisme de la vie divine.

Image Site Vasari

Sermon du 8 mars 2009.
Il n'y a pas eu de guérison d'un paralytique à Capharnaüm. Ou plutôt, Le paralytique guéri dans cette maison au toit percé, c'est notre âme.
La maison où l'on ne peut rentrer tellement la foule est compacte c'est l'Eglise,
Le toit qu'il faut percer pour arriver quand même au vrai médecin ce sont les obstacles et les blocages qui obstruent notre vie spirituelle.
Jésus commence par libérer le paralytique de ses péchés, et du poids de ses manquement passés
Il le libère ensuite de la paralysie.
Cela peut être celle de ses jambes,
mais la paralysie qui touche nos âmes est plutôt celle notre volonté.
Obéissant au Christ, le paralysé prend alors son brancard et s'en retourne chez lui
Cette civière qu'il faut porter c'est notre croix.
Mais cette croix n'est pas la somme des choses désagréables et des maux que nous subissons.
Cette croix, ce sont les responsabilités que nous reçevons; de père, de professeur, de prochain d'un pauvre qui demande etc ...

Images 1 et 2 via Repro-tableaux.com.
Sermon de Saint Jean Chrysostome sur le même Evangile.

dimanche 15 février 2015

Sermon sur les Noces de Cana et la guérison de la famille

Il n’y a plus de vin, il est épuisé. Le vin est le symbole de l’unité et de la communion, le symbole du pouvoir de la vie qui vient du sang du Christ. Le sang est associé à la vie. C’est pour cela que nos frères juifs ne mangent pas les animaux étouffés car ils pensent que la vie n’en est pas tout à fait sortie s’ils n’ont pas été égorgés et vidés de leur sang. Les barbares qui font couler le sang ne savent pas que (le sang des martyrs) c’est une semence de vie.
[Donner]
Comme notre maître, nous pouvons donner notre vie avec tout notre amour pour tout le monde, y compris pour nos ennemis. On peut donner sa vie pour purifier, bouleverser, illuminer, éclairer.
[Témoigner]
Une existence poussée par l’invisible conduit les gens à dire « pourquoi fais-tu cela ». Elle ne fait pas la leçon en disant ce que sont la vie, la société, l’égalité ou la fraternité. Cette existence nourrie de l’intérieur ne définit pas. Elle ne vit pas d’elle-même mais de ce qui vient de sa source.
[De la guérison reçue]
Le changement de l’eau en vin à Cana est plus qu’un miracle, c’est un signe. Ce n’est pas un simple fait extraordinaire. C’est un miracle qui a un but. C’est une étoile qui mène à Jésus. La guérison ne suffit pas à Jésus. Il guérit et donne une mission. Il dit « Va et ne pèche plus », « Effata ! Ouvres toi » etc … Il guérit pour que nous puissions proclamer la justice, la fraternité et dire à quel point l’amour peut se réaliser.
[Du bien boîteux à la pleine existence]
Tout ce que les êtres humains qui comptent sur eux-mêmes sans Dieu arrivent à construire, c’est un bien boiteux, qui laisse des blessures. Ils ignorent que la logique de Dieu est différente de la nôtre.
La logique du maître de maison de Cana est qu’il faut donner le bon vin au début. La volonté de Dieu, sa pensée, sa sagesse est complètement différente de notre logique.
Dieu doit être le premier. Il faut avoir l’aventure divine en nous pour savoir dire « Je suis », « J’existe », « Je vis ». Notre combat à pour but d’avoir la grandeur de dire « Je suis immortel », « Je ne crains pas la mort » et comme Saint Paul dire qu’elle est un gain (qui nous fait rejoindre Jésus).
Il faut avoir la volonté (d’accepter) de souffrir pour la vérité et la justice.
[La guérison de la famille par la générosité]
Dans le miracle de Cana, Jésus veut aussi guérir la famille en y restaurant une unité et une communion parfaite entre les mariés. Il veut une famille qui fonctionne à l’exemple de la trinité.

Dans notre société au contraire, les familles sont détruites car il n’y a pas de don total de l’un à l’autre. On cherche le « droit de l’homme » en demandant à recevoir ce qu’on estime être notre dû et ce qui me concerne avant de donner ce dont l’autre a besoin. Il ne s’agit plus alors d’une égalité proportionnelle, (mais d’une générosité réciproque).
Suivre la logique du don total annoncée par Jésus, c’est au contraire vivre la guérison, la lumière, la force et l’humilité. Ce n’est pas vouloir donner une définition à sa manière de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, mais c’est renoncer à soi-même. C’est être un homme qui cherche à grandir et à fructifier et à multiplier ses talents au lieu de les garder pour soi même.
[En faisant grandir l’autre]
Dieu nous a créés pour partager le miracle de la vie qu’il me donne (en m’aimant pour moi-même). Il nous veut aimant, non pas pour écraser, mais pour reconnaître l’autre dans sa différence et l’aider à grandir dans ses qualités. La justice, la charité le pardon et la miséricorde conduisent à la justice dans la famille et en passant par cette cellule fondamentale à la justice sociale.
Seul Jésus peut transformer l’existence qui sans lui n’a pas de goût.  C’est en nous ouvrant à Jésus que nous trouvons la force de nous donner, de souffrir et de porter la croix (de l’autre), pour (le) guérir et (le) sauver.
Jésus est venu pour sauver ce qui est faible. Il peut le faire quand cette faiblesse s’ouvre à la force de Dieu.

Il nous transforme de l’intérieur pour que nous ne soyons pas des hommes de routine, pour que nous devenions des sources jaillissantes et qu’on sente la vie à l’intérieur de nous.