dimanche 15 février 2015

Sermon sur les Noces de Cana et la guérison de la famille

Il n’y a plus de vin, il est épuisé. Le vin est le symbole de l’unité et de la communion, le symbole du pouvoir de la vie qui vient du sang du Christ. Le sang est associé à la vie. C’est pour cela que nos frères juifs ne mangent pas les animaux étouffés car ils pensent que la vie n’en est pas tout à fait sortie s’ils n’ont pas été égorgés et vidés de leur sang. Les barbares qui font couler le sang ne savent pas que (le sang des martyrs) c’est une semence de vie.
[Donner]
Comme notre maître, nous pouvons donner notre vie avec tout notre amour pour tout le monde, y compris pour nos ennemis. On peut donner sa vie pour purifier, bouleverser, illuminer, éclairer.
[Témoigner]
Une existence poussée par l’invisible conduit les gens à dire « pourquoi fais-tu cela ». Elle ne fait pas la leçon en disant ce que sont la vie, la société, l’égalité ou la fraternité. Cette existence nourrie de l’intérieur ne définit pas. Elle ne vit pas d’elle-même mais de ce qui vient de sa source.
[De la guérison reçue]
Le changement de l’eau en vin à Cana est plus qu’un miracle, c’est un signe. Ce n’est pas un simple fait extraordinaire. C’est un miracle qui a un but. C’est une étoile qui mène à Jésus. La guérison ne suffit pas à Jésus. Il guérit et donne une mission. Il dit « Va et ne pèche plus », « Effata ! Ouvres toi » etc … Il guérit pour que nous puissions proclamer la justice, la fraternité et dire à quel point l’amour peut se réaliser.
[Du bien boîteux à la pleine existence]
Tout ce que les êtres humains qui comptent sur eux-mêmes sans Dieu arrivent à construire, c’est un bien boiteux, qui laisse des blessures. Ils ignorent que la logique de Dieu est différente de la nôtre.
La logique du maître de maison de Cana est qu’il faut donner le bon vin au début. La volonté de Dieu, sa pensée, sa sagesse est complètement différente de notre logique.
Dieu doit être le premier. Il faut avoir l’aventure divine en nous pour savoir dire « Je suis », « J’existe », « Je vis ». Notre combat à pour but d’avoir la grandeur de dire « Je suis immortel », « Je ne crains pas la mort » et comme Saint Paul dire qu’elle est un gain (qui nous fait rejoindre Jésus).
Il faut avoir la volonté (d’accepter) de souffrir pour la vérité et la justice.
[La guérison de la famille par la générosité]
Dans le miracle de Cana, Jésus veut aussi guérir la famille en y restaurant une unité et une communion parfaite entre les mariés. Il veut une famille qui fonctionne à l’exemple de la trinité.

Dans notre société au contraire, les familles sont détruites car il n’y a pas de don total de l’un à l’autre. On cherche le « droit de l’homme » en demandant à recevoir ce qu’on estime être notre dû et ce qui me concerne avant de donner ce dont l’autre a besoin. Il ne s’agit plus alors d’une égalité proportionnelle, (mais d’une générosité réciproque).
Suivre la logique du don total annoncée par Jésus, c’est au contraire vivre la guérison, la lumière, la force et l’humilité. Ce n’est pas vouloir donner une définition à sa manière de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, mais c’est renoncer à soi-même. C’est être un homme qui cherche à grandir et à fructifier et à multiplier ses talents au lieu de les garder pour soi même.
[En faisant grandir l’autre]
Dieu nous a créés pour partager le miracle de la vie qu’il me donne (en m’aimant pour moi-même). Il nous veut aimant, non pas pour écraser, mais pour reconnaître l’autre dans sa différence et l’aider à grandir dans ses qualités. La justice, la charité le pardon et la miséricorde conduisent à la justice dans la famille et en passant par cette cellule fondamentale à la justice sociale.
Seul Jésus peut transformer l’existence qui sans lui n’a pas de goût.  C’est en nous ouvrant à Jésus que nous trouvons la force de nous donner, de souffrir et de porter la croix (de l’autre), pour (le) guérir et (le) sauver.
Jésus est venu pour sauver ce qui est faible. Il peut le faire quand cette faiblesse s’ouvre à la force de Dieu.

Il nous transforme de l’intérieur pour que nous ne soyons pas des hommes de routine, pour que nous devenions des sources jaillissantes et qu’on sente la vie à l’intérieur de nous. 

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