dimanche 8 février 2015

Cérémonies du carême et de Pâques à la paroisse Saint Ephrem des syriaques catholiques de Paris

Pour vivre les événements salvifiques du Christ, du temps du Carême et de Pâques, et recevoir les grâces et les dons de ces occasions, je vous invite aux célébrations liturgiques suivantes :
Rite du pardon : Office d'entrée en carême et de guérison.
Le lundi 16 février 2015 à 17h45, premier jour du carême, à vivre un moment de réconciliation avec Dieu, nous même et notre prochain à travers le rite du pardon, durant laquelle nous serons oints par l’huile de guérison consacrée à cette occasion.
Fête de Saint Ephrem.
Le dimanche 23 février 2015 à 11h00, nous sommes tous invités pour célébrer la fête de saint Ephrem. Après la célébration nous partageons le goûter à cette heureuse et sainte occasion.
Rameaux.
Le dimanche des Rameaux, 29 mars 2015 nous célébrerons la sainte messe avec la bénédiction des Rameaux, les chants et la procession à 11h00.
Le jeudi saint, 02 avril 2015, c’est la fête de l’institution de l’Eucharistie, fête du sacerdoce, la messe sera célébrée à 19h00 durant laquelle nous célébrerons le « Rite du lavement des pieds ».
Le vendredi saint, 03 avril 2015, nous célébrerons le « Rite des Obsèques de Notre Seigneur », ce Rite sera célébré à 19h00 (n’oubliez pas de cherchez des fleurs).
Le dimanche de la Résurrection, 05 avril 2014, fête des fêtes, la colonne vertébrale de notre mystère chrétien, fête de la victoire du Christ sur le pouvoir de la mort, la messe sera célébrée à 11h0, durant laquelle nous célébrerons le « Rite de la Paix », et la bénédiction des quatre coins de la terre.
Je vous souhaite un bon cheminement spirituel vers Pâques, vers la montagne de notre salut. Joyeuses et heureuses fêtes.

Votre dévoué en Christ
Père Elie Wardé

Lettre paroissiale d'entrée en carême.

Cher(e)s ami(e)s
Nous approchons du temps de Carême, temps de méditations, de prières, de contemplations, du jeûne et de conversion, qui débutera, chez nous orientaux, le lundi 16 février 2015 et qui sera couronné le 5 avril 2015, par la Grande Fête, la Fêtes des fêtes, le dimanche de la résurrection, la Victoire de la Vie sur la mort, de l’Espérance sur le désespoir et l’Amour sur la haine.
Pour les vrais croyants, les bons chrétiens, le carême est un moment indispensable pour le salut, un moment de grâce, de bénédiction et de joie, et pas un moment de punition qui afflige la personne dans l’abstention pour l’abstention, la souffrance pour la souffrance, etc...
Le carême, au contraire c’est l’abstention pour un but ; pour être un véritable chrétien exemplaire, c'est-à-dire un disciple du Christ, qui se conforme à la volonté de Dieu, dans la connaissance et la maturité spirituelle. Pour être dans la loyauté et la sincérité, la volonté ferme, déterminée de vivre pour la vérité et la justice, dans la reconnaissance de sa petitesse, ses fautes, ses limites et ses péchés. Le carême est fait pour être dans l'écoute de la Parole de Dieu, de la Parole de l’Évangile de Vie de lumière et de libération. Il est fait pour que cette parole puisse pénétrer en nous, et nous remplir de son mystère de la Vie Éternelle, de son miracle, de son pouvoir divin, de sa connaissance et de sa joie qui donne le bonheur de vivre.
Car l’homme chrétien, n’est pas un homme qui vit pour ce monde et tous ses biens, qui sont légitimes et justes, certes, mais il est celui qui cherche et qui vit pour le monde qui ne passe pas. Il vit pour le monde à venir, immuable, inébranlable, invincible, où triomphent la philosophie du sens de la vie, de l’amour, de la paix, de l’aventure réussie, stupéfiante et admirable.

Le chrétien attend le monde où tout se dévoile, et ne laisse pas l’homme d’être foncé et menotté par ses inquiétudes, ses soucis, ses blessures, ses peurs d’être soi-même, et de se manifester comme il est, car il a peur du jugement et des condamnations des autres, et pour cette raison il tente de donner de lui-même une image falsifiée, par ses paroles, ses actes, son comportement et sa discipline.
Oui cher(e)s ami(e)s, tous les hommes ont besoin du salut. Chacun de nous à ses problèmes, ses soucis, ses fautes et ses péchés. Ne pas les reconnaître, c’est être les perdants, et ne pas pouvoir vivre dans le mystère du salut, c'est faire que nos cœurs ne puissent pas accueillir Jésus qui a le désir ardent de demeurer en nous, pour qu’on ait la vie et la vie en abondance (Jn 10, 10). Reconnaitre ses fautes, comme le dit le dicton, est une vertu, et qui ose dire qu’il n’a pas de péché, il refuse le Christ, et comme nous le dit saint Jean, « la vérité n’est point en lui » (1 Jn 1, 8).
Ce qui est pire et un grand danger dans notre vie de chrétien, c’est de se familiariser ou de minimiser ou ne pas donner d’importance ou de ne pas avoir conscience de nos péchés. En les minimisant, on finit par les ignorer et par être inconscients de leurs effets catastrophiques et mortels pour l’âme, qui évoluent comme un cancer, sans qu’on soit au courant. Quand le jour du Seigneur arrivera, quel compte on lui rendra !
Peut être qu'on a oublié que l’amour et la miséricorde de Dieu, la passion et la mort du Christ sur la Croix, Lui l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, ont été donnés non seulement pour nous exprimer son affection et ses émotions, mais aussi pour nous pardonner et nous libérer réellement du force du mal et de nos péchés « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23, 34).


Cher(e)s ami(e)s, pour qu’on puisse connaître la gravité et le poids de nos péchés, ce que d’ailleurs tous les saints, sans exception, l’ont toujours reconnu, mais avec confiance des enfants de Dieu, il faut avoir le courage de figer nos yeux dans les yeux divins, à l’instar de Pierre et du larron droit, qui regardaient les yeux amoureux, tendre et miséricordieux du Christ souffrant et crucifié, qui leur accordait le pardon de Dieu infini et ressuscitant. Puissions nous, en ce temps de Carême, prendre conscience de nos faiblesses et nos péchés, et ne pas perdre le courage de les reconnaître et de regarder les yeux divins qui seuls ont le pouvoir de nous relever et nous rendre l’énergie et le dynamisme d’une vie nouvelle et sainte.  
Photos Baladine et Mattia Preti

Sermon pour le jour où on prie pour les morts.

Sermon sur la condition humaine, de l’homme qui passe de la génération du péché au retour à la Vie éternelle.
[Nos morts sont-ils sauvés ?]
Nous pensons à nos morts, mais nous ne savons pas où ils sont. Tous touchés par le péché, ils ont besoin de nos prières alors qu’ils sont sortis de la courte vie terrestre pour entrer dans l’éternité. En tant qu’ils sont pécheurs ils ont besoin de nos prières et en tant qu’ils ont décidé de participer à la gloire de Dieu ils peuvent être nos alliés.
En pensant à nos morts, nous ne devons pas avoir seulement de l’émotion au souvenir de leurs bienfaits (ou de ce qu’ils nous ont fait de mal). Nos parents peuvent nous avoir donné les souvenirs agréables de l’amour qu’ils nous ont donné, mais sans être pour autant sauvés. Ils peuvent nous avoir donné de l’affection, mais sans nous transmettre la vérité et nous donner de bons exemples.
Ils peuvent nous avoir donné de l’amour en faisant des exclusives, sans le partager à tous. L’émotion agréable qu’on a du souvenir de leurs bienfaits ne doit pas nous faire oublier la part du péché dans leur vie. Tous les enfants baptisés n’ont pas la foi (par la suite). Elle ne se transmet pas comme une perfection, elle n’est pas héréditaire.

[Pour être sauvés, il faut avoir la foi]
La foi, c’est un vécu, une expérience avec un Autre. Une expérience sincère, authentique, sage et illuminée.
Les connaissances ne suffisent pas pour celui qui veut marcher selon la volonté de Dieu. Il faut connaître Dieu par la foi pour que notre vie soit éclairée.
La bonne intention ne suffit pas pour bien faire les choses. Même des hommes justes et droits peuvent faire le mal involontairement.
A travers nos fautes, même involontaires, nous rencontrons la trace du péché originel.
Cette marque du péché ne se transmet pas à travers l’acte sexuel des parents comme une tache héréditaire, mais par toutes nos mauvaises habitudes qui blessent et déchirent l’être humain. L’homme plongé dans un monde aussi blessant peut commettre des fautes, des crimes et des horreurs malgré lui. Il peut aussi tout simplement ne pas arriver à éviter de mal agir. Adam et Eve ont été pourris dès la première génération humaine. Ils ont cru être forts par eux-mêmes et réussir sans Dieu. Ils ont découvert la honte de leur nudité.
[Le « Fils de l’homme] est venu pour nous sauver du péché originel].
Jésus ne se donne pas à lui-même ce nom pour rire. Il se donne à lui-même ce nom qui définit sa mission. [En devenant « Fils de l’homme », il brise la chaîne de transmission du mal et recouvre la nudité de notre péché].
Jésus, le « Fils de l’homme », c’est l’homme bon, pur, éclairé, attaché à la grâce de Dieu. Cette grâce de Dieu a habillé Jésus dès sa naissance. Nous aussi, nous sommes appelés à être habillés cette aide et cette grâce. Nous l’avons perdue par le péché de nos ancêtres qui étaient pourris. Avec le baptême et le pouvoir de Jésus, nous pouvons revêtir la grâce, être habillés par l’aide de Dieu. C’est la résurrection.
[Il nous redonne notre identité et notre mission].
La véritable connaissance (et renaissance), c’est de naître avec le Christ. Il est venu (spécialement) pour nous (re)donner notre identité originelle par le baptême par lequel nous recevons la gloire de Dieu dans nos âmes et dans nos corps. Il est venu pour que nous soyions ressuscités. Pour que nous ne soyions pas des morts, mais des défunts qui, en suivant l’origine latine de ce mot, ont été déchargés de leur fonction après avoir bien agi dans leur vie. .
Le « Fils de l’homme » est aussi celui qui vient pour juger mais pas pour condamner.
Il est l’homme originel, celui qui n’a jamais été séparé de Dieu. Il vient pour nous rendre notre dignité d’enfants de Dieu. Nous savons ni le jour ni l’heure de sa venue. Nous savons par contre qu’il ne vient pas pour condamner ; qu’il n’apporte pas une destruction totale et qu’il ne dit pas « C’est terminé » définitivement. Il vient pour juger et son jugement porte en lui les semences de la tendresse et de la miséricorde.
[Il nous redonne le vrai sens du travail]
Jésus veut dit « Ayez votre tenue de travail » pour ne pas être surpris quand il reviendra. Il nous redonne par là le sens que doit avoir le mot de travail pour nous. Notre travail doit être un service. Son but ne doit pas être de rechercher la gloire du monde, la domination et l’orgueil qui naissent de la possession de l’argent.
[Il nous apprend la réconciliation]
Nous devons au contraire servir, c’est-à-dire être en union avec l’autre, dans un rapport formé dans la vérité, inspiré et sans coupures. Quelle que soit la pourriture qui peut se trouver dans les actions de l’autre, nous ne devons pas nous laisser dominer par l’émotion qu’elle suscite en nous. Nous devons venir vers l’autre avec amour, même quand il agit contre la vérité et la justice.
Ceux qui ne sont pas prêts à l’humilité qui accepte qu’on lui montre son péché coupent le dialogue. (Avec la grâce de Dieu, nous devons être au service de l’autre pour que le dialogue puisse reprendre).

Quand nous renonçons au péché, notre corps est habité par la gloire de Dieu.

Nous avons besoin du soutien de ceux qui sont comme cela. Ceux qui ont décidé de participer à la gloire de Dieu par leur œuvres sont un témoignage pour nous. 

Image Site Vasari. 

dimanche 1 février 2015

Comment faire fructifier ses talents ?

[Sur la parabole des talents, Matthieu 25 ;14-30 Luc 19 ; 12-27]
C’est en étant dans la vie que notre talent peut porter du fruit. C’est la spiritualité qui nous montre la vie.
L’enseignement sans le témoignage ne sert à rien. L’Eglise est très brave (courageuse et ferme) dans la théologie, mais ce qui montre les dons de la sagesse, c’est la sainteté vécue, comme celle du saint Curé d’Ars, mauvais élève, (mais qui vivait ce qu’il disait). Ce dont on a besoin c’est de vivre, d’être dans la parole de Dieu.
Il y a des athées qui connaissent parfaitement les idées de la théologie, mais ils en font une fable et un conte abstrait. Ceux qui sont devenus saints par contre ont vécu la théologie. Ils nous font entrer dans une relation intime avec le seigneur.
Comment faire vivre la Parole en nous ?
Dieu veut que je fasse fructifier mes talents. Pour que cela se réalise, je dois voir quels sont mes talents. Je dois découvrir mes talents professionnels et personnels, et je dois aussi faire que l’exercice de mes talents soit une occasion de porter Dieu. Quand les autres voient mes œuvres, ils puissent glorifier Dieu.
Mon talent est pour glorifier le Seigneur. Si je travaille pour ma gloire personnelle, j’abaisse et je détruis l’autre. Si Dieu est au centre de mon action et que je travaille pour sa gloire, je fais vivre l’autre, je me fais petit devant lui et je lui rends vraiment service.
Les choses de la vie profane comme le fait de savoir comment payer le chauffage de l’église sont importantes pour qu’il nous soit possible de glorifier Dieu. Il ne faut pas que ces choses profanes soient une fin en soi, mais qu’elles servent de support pour construire notre vie spirituelle.
La vie est grave et sérieuse. La prière est nécessaire pour apaiser nos inquiétudes. Elle nous fait entrer dans le monde de Dieu.
Ne pas confisquer la Parole de Dieu.
Il ne faut pas refuser d’écouter la Parole de Dieu sous prétexte que « Je suis croyant à ma manière ».
Une fausse conception de la liberté.
Il est bon d’admirer les miracles, d’admirer un talent (chez les autres), mais qu’est-ce que cela vaut si j’enterre mon propre talent ?
Je ne suis pas le propriétaire de mon talent. (C’est par une fausse conception de la liberté que je me rends propriétaire de mon talent). Je peux dire « Je suis libre de faire tout ce que je veux » et de suivre mon idée ; mais la véritable liberté est de ne pas être esclave de mon « ce que je pense ». La liberté n’est pas de faire absolument tout ce qu’on veut. La société elle-même nous dit que nous n’avons pas le droit de tuer l’autre ; mais sur quel critère (peut-elle fonder cette interdiction ?)
Une véritable liberté.
Quel est le critère pour être libre. Pour les chrétiens, c’est la vérité et cette vérité c’est Jésus. On ne se fait pas le Jésus que l’on veut, (mais on s’ouvre à la vérité qu’il apporte). On désire lui obéir comme on obéir de bon cœur à un patron quand celui-ci est juste, alors que d’habitude on n’aime pas obéir. Quand on décide de manger on décide d’obéir à sa faim. Obéir à Dieu, c’est cela l’amour, c’est cela la liberté.

Regrets et remèdes.
Dans nos vies, il y a des grincements de dents. Ils naissent du regret que nous avons d’avoir agi en n’étant pas au service de mes frères. Ils expriment notre regret d’avoir été stupides, d’avoir été orgueilleux et d’avoir eu le cœur dur et les oreilles bouchées.
Dieu est miséricordieux, mais il porte aussi sa justice. Il nous montre notre maladie et nous donne ses remèdes, (parfois amers, mais salutaires).
En découvrant que j’ai gâché mes talents, j’éprouve de la honte, mais ce regret n’est pas fait pour me détruire, mais pour que j’aille plus loin vers le Seigneur.
Il ne suffit pas d’être humble et de reconnaître ses péchés ; il faut agir pour vivre vraiment cette vie chrétienne. C’est dur, mais son joug est facile et son fardeau léger. Notre tête porte l’idée d’être véritablement chrétiens, mais il faut goûter le miracle de la réalisation de cette idée.
(Cette action passe par l’Eglise).
Passer de l’Institution à l’Eglise vivante.
On dit que l’Eglise n’est pas courageuse pour sortir d’elle-même et proclamer le Christ alors qu’on voit les musulmans qui prêchent le Coran et les évangéliques qui courent dans les rues. Ils font ce qui semble inhabituel dans la part institutionnalisée de notre Eglise.
En voyant cette concurrence, il faut surtout se dire que la mission a besoin que nous soyions spirituels. Il faut se demander quel Christ nous annonçons, et si ce n’est pas celui d’une lettre morte.
Il ne faut pas faire de l’Eglise une organisation culturelle et une institution figée. C’est le dimanche des prêtres et de tout le clergé, des papes aux sous-diacres. Ils ont besoin qu’on prie pour eux en ce temps de sécularisation qui rend profane ce qui est sacré. Notre temps le fait en transformant ce qui est divin en une chose institutionnelle. On a besoin de l’institution, mais l’institution ne suffit pas à l’homme pour toucher le sacré.
Il faut se demander si les catholiques sont spirituels, en commençant par se le demander à soi-même.
Image. 

lundi 26 janvier 2015

Découvrir qui est Jésus pour « Vivre dans la vérité » et trouver le salut, malgré les offenses.

[Jésus dit à ses contradicteurs que ses œuvres témoignent pour lui].
L’identité de quelqu’un n’est pas seulement de papiers, elle est liée à sa mission, à ses responsabilité et à sa charge.
Quand on rencontre quelqu’un, on lui demande qui il est, pour être rassuré. On se demande : Que cherche-t-il ? Qu’attend-il de moi ? Que vient-il faire ici ? Dans certain cas, le nom de famille peut donner une indication, par exemple de métier. En Orient, le nom Najjar correspond est aussi le nom du métier de menuisier. Dans ce cas, et souvent pour nous, l’identité est attachée à la profession qu’on exerce.
Quand on reçoit le baptême, on reçoit un nouveau nom qui correspond à la mission du future baptisé. Ce nom est celui de saints qui forgent la personnalité de la personne.
Qui est Jésus ?
Il a reçu ou s’est donné plusieurs noms pour témoigner de lui-même.
Il n’a pas besoin que les autres lui disent qu’il est Dieu, il le sait bien lui-même. Il le dit pour que nous soyons sauvés.
De notre côté, nous recherchons des témoignages des autres sur nous-mêmes, et c’est souvent pour rassasier l’esprit de tentation qui nous empêche d’écouter la voix de Dieu.
Nous sommes tentés de définir le salut en dehors de cette voix.
Le salut que nous attendons n’est pourtant pas une solution mathématique ou une solution. Le salut, c’est une expérience. C’est un état de présence (à soi-même) à chaque moment.
Nous avons toujours peur. Le salut viendra-t-il ? Serons-nous sauvés ?
Le salut n’est pas un chose qui se prouve, mais qui se vit.
C’est quelque chose qu’on ne peut pas transmettre aux autres directement. On peut seulement leur transmettre un témoignage de joie et de lien intime et courageux avec le Christ. Sa parole peut ne pas être en nous car nous n’y croyons pas.
Le salut ne se comprend pas par la raison. La raison s’enchante et s’exalte quand on vit le salut, mais elle ne peut pas le circonscrire. Elle découvre la paix totale, l’amour et la joie de vivre.
Le salut est plus qu’un moment de soutien dans la détresse, un don où une guérison psychique. C’est un profond renouvellement spirituel. C’est la découverte que je suis important, que j’ai des talents et des pouvoirs, mais pour que Dieu soit glorifié.
Jésus n’a pas jugé être digne d’être à l’égal de Dieu. Il s’est fait petit, serviteur, il a connu la faim et la souffrance, a été torture, insulté et flagellé, mais sa gloire n’a pas été touchée et n’est pas touchée par cela.

Personne ne peut me priver de ma gloire et de ma dignité. Elle est indissolublement liée à mon corps et ce corps ressuscitera. Jésus dit qu’il n’a pas besoin de ses amis ou de ses parents. De même pour nous, des personnes arrogantes peuvent nous dévaloriser, y compris dans nos familles, mais sans nous priver de notre gloire. Ces personnes disent « tant pis pour la vérité ». Elles suivent leur intérêt et leurs émotions ou leurs sentiments. Elle se cachent la vérité.
Jésus dit au contraire qu’il est venu imposer le glaive qui peut séparer le père et le fils ou l’homme et sa femme en apportant la vérité. Jésus meurt pour avoir apporté ce témoignage de vérité, en ayant pris le risque de souffrir et de mourir.
Ce témoignage de vérité, c’est de dire « Regardez mes œuvres ».
Certains disent qu’ils défendent la vérité, mais leurs œuvres sont corrompues. Même au sein de l’Eglise, on peut rencontrer des personnes qui détruisent par leurs mensonges, mais il ne faut pas rester esclaves de ces mensonges.

Dites la vérité, et vous serez des hommes libres à l’intérieur de vous, avec la satisfaction et la gloire que Dieu nous donne. La vie est sérieuse. Soyons courageux et fermes dans la vérité, avec amour et fermeté, sans avoir peut d’affronter ceux qui sont sur le mauvais chemin. 
Image Site Vasari. 

dimanche 11 janvier 2015

Comment habiter notre vie ?

C’est la manière dont nous habitons (notre vie) qui donne le sens de notre liberté. Les disciples de Jean le Baptiste demandent à Jésus où il habite. Il veut habiter dans nos cœurs pour que nous fassions sa volonté, car faire sa volonté nous donne la vie.
Nous avons dans les Évangiles du jour un petit écho des événements tristes et de la menace des djihadistes et des islamistes pour le monde entier. Les disciples du temps de Jésus ont su ne pas être meilleurs. Saül a tué avant de se convertir. Celui qui s’est manifesté à lui est venu pour faire le dialogue, convertir et rendre la raison. Il a restauré la dignité de l’homme qui (devient comme) identifié à Dieu par Jésus. (Par lui, Jésus) L’homme est Dieu, et tout particulièrement ceux qui sont persécutés.
Paul, (surpris sur le chemin de Damas) demande qui s’adresse à lui, et Jésus répond qu’il est celui que Paul persécute. Il est en effet persécuté par une religion gouvernée par son histoire et ses passions.
Saül pense qu’il agit pour « défendre Dieu » ; mais Dieu n’a pas besoin de cela.
Les chrétiens témoignent quand les djihadistes utilisent la violence pour « défendre » Dieu. Saül, devenu Paul par sa conversion, témoigne que Jésus ne lui a pas dit « Je veux me venger » (du mal que tu m’as fait en persécutant mes disciples). Pour être dans la même disposition d’esprit, le chrétien doit recourir à l’Esprit Saint pour maîtriser la rage légitime qui est en lui quand il est face à la barbarie.
Les apôtres étaient, [ou gardaient en eux des réflexes] des terroristes. 
Jean le Baptiste était le premier recruteur des terroristes. Ses disciples étaient des soldats recrutés pour aller massacrer les occupants romains. Jean Baptiste emprisonné attend encore le Messie conquérant qu’attendaient les Juifs. Il a la hache à la main. Ses disciples vont vers Jésus en se demandant s’il est le Messie qui est venu pour restaurer le royaume juif sur la terre. Ils voudraient un royaume d’une seule couleur et d’une seule idéologie ; un royaume sans diversité et respect de l’autre.
Le Christ au contraire est en marche sur le chemin de Dieu. Le christianisme est la religion la plus proche de Dieu, mais il ne faut pas l’enfermer dans des limites. Dieu dit de lui-même « Je suis celui qui suis » ; je suis un Dieu d’amour, de bonté, de tendresse et de miséricorde.
Les disciples de Jean Baptiste demandent aussi à Jésus où il réside. Ils rêvent de trouver le camp d’entraînement où les troupes de Jésus pourraient préparer un djihad afin de restaurer un royaume uniquement Juif en Terre sainte. Jésus répond qu’il n’a pas de lieu de résidence établie. Il n’a pas trouvé de place à Bethléem, au point de naître dans une étable. Alors que par sa nature, il est le Dieu de l’univers, il n’avait pas où reposer la tête. Il n’habite nulle part, mais dit à ceux qui l’interrogent de venir à lui.

Jésus est toujours en déplacement pour venir changer les cœurs aveugles et endurcis. Il amène ceux qui le rencontre à voir leur endurcissement et leur cœur pétrifié. Il apporte le choc d’une lumière intense. Pour Saül, cette lumière intense le fait sortir de l’impression qu’il avait d’être un bon croyant parce qu’il appliquait la Loi à la lettre alors qu’il tuait et voulait aller à Damas pour y tuer aussi les premiers chrétiens de cette ville. En recevant une forte lumière, on est ébloui et même un peu aveuglé. La lumière de Jésus est une lumière qui guérit, mais l’arrivée de cette lumière peut être une souffrance, mais c’est une souffrance de guérison. On souffre dans ce monde comme on souffre dans les douleurs de l’enfantement.
Si Jésus n’a pas de lieu, nous par contre, nous aimons les belles habitations. En se présentant, on demande souvent « où tu habites » et on aime les beaux quartiers, au point d’oublier qu’une maison ne se limite pas aux belles pierres qui la constituent.

Un bon lieu de vie est celui où il y a une vie de famille, la communion, l’amitié, la fidélité et l’obéissance dans la vérité. La maison sans la famille est froide et déserte. C’est un tombeau pourri, même s’il est orné de marbres à l’extérieur.
La maison de Dieu est une famille trinitaire, Père, Fils et Saint Esprit. Le Temple de Dieu, c’est aussi le Christ. C’est le lieu où il va être « Dans la maison de mon père ». Jésus demande « Où est le Temple ? ». Il dit aussi qu’on n’adore pas forcément bien Dieu dans un temple de pierres merveilleuses. Le lieu où l’on peut bien adorer Dieu, c’est celui où on l’adore en esprit et en vérité. Saint Paul dit à la suite de cela que les chrétiens sont « Le Temple de l’Esprit Saint » et quand l’Esprit Saint est là, sont présents aussi le Fils et le Père.
Alors vous aussi, vous êtes l’habitat de Dieu. Jésus dit en effet que la maison de mon Père, c’est celle où l’on prie. Par la prière, nous devenons corps mystique du Christ. La prière aide aussi à former la communion des fidèles. Cela rejoint l’idée que là où deux ou trois personnes sont réunies pour prier, Dieu est présent lui aussi.
Certains se demandent pourquoi Jésus semble ne rien faire pour les déracinés, pour ceux qui ont été chassés de leurs maisons. (Il agit peut-être pour nous redonner une maison de pierre, mais) il vient surtout habiter nos cœurs. (Pour que cela soit possible), il veut que nous sachions maîtriser nos rages, tout comme Saül l’a fait en se convertissant et en cessant de persécuter les chrétiens.

Les djihadistes veulent fonder le royaume de Dieu sur cette terre. Un tel royaume de Dieu ne peut être bon que s’il annonce déjà le royaume céleste en étant fondé sur la bonté. 
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mardi 6 janvier 2015

Heureux ceux qui cherchent vivent et cherchent le désert où Dieu se trouve.

Nous ne sommes pas pour dire « bonne année ».
En début d’année, je me demande quel a été mon but l’an passé, ce que j’ai réalisé comme époux, comme enfant ou dans ma vie professionnelle. Je me demande quelle a été la part de paix et de vérité dans ma vie.
Il ne faut pas quitter notre curiosité anthropologique essentielle. Il faut prendre courageusement entre ses mains cette soif existentielle de vérité, de conscience et de paix pour parvenir en fin de compte à la découverte du principe de notre vie. Quand nous sommes sur le bon chemin de cette quête, nous sommes comme celui qui conduit une voiture sans peur et sans hésitation.


Nous ne sommes pas pour dire « bonne année ».
Pour l’être croyant, le futur et le passé n’existent pas, seuls sont importants les mystères de l’amour et de la conscience. Seul compte le « je suis » ; ce qui fait que nous sommes comme Dieu lui-même se définit, tournés vers l’être, la vie et l’instant présent. C’est pas la porte de la conscience que nous découvrons que nous pouvons aussi dire « Je suis ». C’est ce qui est hors du temps qui fait notre vie. Si je reste esclave du temps, ne me demande ce que va devenir mon année, s’il y aura la paix ou la guerre et je suis malheureux. En attendant ce qui va se passer, j’oublie l’instant présent, alors que c’est dans cet instant que se trouve la semence de la vie.
En regardant le passé, j’ouvre des blessures. En regardant le futur, je meurs de peur. Passé et futur sont (alors) deux monstres qui me font dire intérieurement « C’est foutu ! ».
Pour échapper à la peur du passé et du présent, il faut juste regarder quelques mètres devant soi.

Il y a devant moi l’infini et le désert. Il y a au-dedans de moi le trésor, l’amour et la providence de Dieu. Nous ne sommes pas capables d’être (pleinement) une providence entre nous, car les soins que nous pouvons nous donner les uns aux autres sont bien moins forts que la providence.
Si j’en reste à mon identité humaine ; j’ai toujours peur, j’ai toujours des lacunes et la tentation de me confier à des assurances extérieures qui me laissent toujours des inquiétudes. La peur me laisse me renfermer sur moi-même. Rien ne peut nous prémunir contre les temps de désert et d’insécurité, ni la santé, ni l’argent, ni le travail. Au-delà des efforts de l’entraide humaine, ce qui fait que « Je suis » me donne la joie et la paix de celui qui n’a plus peur et qui a conscience qu’il est éternel.

Heureux sommes-nous si nous connaissons ce néant qu’est le désert. Dans ce désert, ce vide et ce néant, nous sommes des êtres de passions et d’exigences. Dans ce néant et cette mort, Dieu est vivant et existe. Sa première création est le néant et le vide, et il ne l’a pas fait en vain mais pour que l’homme éprouve cette peur, ce sentiment que « C’est la fin » et qu’il est déboussolé. Ceux qui sont dans ces sentiments sont plus proches de Dieu dans ce désert (que dans le confort).

Notre vie est un désert où il y à Dieu. Nos multiples petites morts quotidiennes sont des changements d’état continuels. Nous sommes plongés dans le sentiment du néant et de l’obscurité comme si nous étions dans le ventre de notre maman, avant de naître à la pleine lumière de la vie éternelle. Notre « sœur la mort » dont parle Saint François d’Assise est un enfantement qui nous ouvre à la Vie. Il faut passer par le néant pour prendre conscience de la vie qui se dévoile, pour découvrir ce que peuvent être la joie, la paix et la fraternité.
En acceptant de prendre conscience du néant de la vie, nos (petites) réponses (déjà construites) se vaporisent. Ce n’est pas l’homme qui fait le bonheur, mais c’est la vie qui se révèle à nous.
L’évangile nous dit que c’est dans le désert que se trouve la paix. Il annonce que toute montagne sera abaissée par le triomphe d’une humilité aussi grande que celle de Dieu. Il a accepté d’être petit alors qu’il est tout puissant. De même nous avons une part de puissance humaine, nous pouvons tuer ; mais cette puissance doit mourir pour être enfantée. Jésus nous dit que nous n’entrerons pas, dès aujourd’hui, dans le Royaume de Dieu si nous ne sommes pas comme des enfants.


Heureux sommes-nous si nous savons mourir (de toutes les petites morts de nos vies et abandonner nos plans, nos sécurités, les blessures du passé et la peur de l’avenir). Savoir « mourir » est important, car la mort et la vie ne se séparent jamais dans la vie terrestre. [Mors et vita conflixere mirando]
Pour vivre vraiment, il faut mourir en aimant et en consacrant tous nos talents à nos frères. Si tu as deux vêtements, deux talents, il te faut accepter de « mourir » en les donnant.
Il ne faut pas avoir peur de continuer son exode à l’intérieur de la vie humaine. Les israélites dans le désert ont reçu la providence de Dieu, au milieu de l’épreuve, de l’incertitude et de la mort. Dieu leur a donné la nourriture qui vient du ciel et de l’amour. Ils ont rencontré ce rocher qui donne l’eau vive et qui n’est autre que Jésus, avec eux dans le désert comme le dit Saint Paul dans l’épître de ce jour.
Les israélites qui ont eu peur dans le désert, qui ont abandonné la foi dans la providence et qui voulu retourner à l’esclavage en Égypte sont morts. Ceux de nos frères qui sont dans le désert et regardent d’abord leur santé physique et psychologique ne sont pas libérés.

Si vous êtes dans le désert, vous êtes dans un chemin où il faut regarder le Seigneur. Heureux êtes-vous si vous êtes dans le désert.
Cherchez le désert et la voix de Dieu qui n’est jamais dans les assurances extérieures, mais se trouve dans le néant … ouvert à la providence et à la Vie que Dieu veut nous donner. 


Image Marie Madeleine pénitente par Georges de la Tour